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Anthony Dumais, NUMICA : « L’humain peut devenir le maillon fort »

Cybersécurité. Comme un symbole de l’importance désormais occupée par la discipline, la présidence de l’association NUMICA est occupée aujourd’hui par un expert de la cybersécurité, Anthony Dumais, en l’occurrence.

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Photo de Anthony Dumais
Anthony Dumais. (Crédits : DR)

Comme un symbole de l’importance désormais occupée par la discipline, la présidence de l’association NUMICAest occupée aujourd’hui par un expert de la cybersécurité, Anthony Dumais, en l’occurrence. « Un directeur cybersécurité à la présidence de Numica, on ne l’aurait peut-être pas imaginé il y a dix ans », souligne d’ailleurs ce dernier.

Créée en 2014, l’association regroupe les décideurs du secteur numérique du tissu économique régional. Ce club de DSI (Directeurs des Systèmes d’Informations) compte aujourd’hui une centaine de membres, issus de tous types d’entreprises, privées et publiques, de toutes tailles et de tous secteurs d’activités. Ces dernières années, face à la recrudescence des menaces et des attaques menées contre les entreprises et les collectivités, les préoccupations des membres de Numica tournent assez naturellement de plus en plus autour de la cybersécurité. « Notre réseau aborde les problématiques et les enjeux sur lesquels nous avons besoin de réfléchir à plusieurs. Nous accompagnons et facilitons les échanges de bonnes pratiques, les usages, les solutions... ». Et au fil des années, la cybersécurité est de plus en plus présente au coeur de leurs préoccupations.

Lui-même DSSI du groupe Vivescia, Anthony Dumais rappelle que ce sujet n’est pas que l’affaire des techniciens informatiques, mais elle est l’affaire de tous, du dirigeant à l’employé.

Formation et sensibilisation

« Il faut comprendre que c’est un sujet qui va bien au-delà de la technique et de l’informatique. Un certain nombre de fraudes passent aussi par le téléphone. C’est l’affaire de tous : quand on a une vulnérabilité sur un système c’est parce que son développement a été réalisé par un humain. De la même façon, on peut avoir les meilleures solutions techniques, si les processus d’utilisation ne sont pas respectés, elles ne pourront pas être garanties à 100% ».

Souvent considéré comme le maillon faible en matière de sécurité, l’humain peut aussi devenir un atout. « Il peut devenir un maillon fort grâce à la sensibilisation, à la formation, à l’utilisation des meilleurs outils », explique le président de Numica qui attend beaucoup de la future législation européenne NIS 2 qui doit être transposée en France prochainement. Celle-ci doit renforcer les responsabilités des dirigeants en matière de sécurité.

« On peut avoir les meilleures solutions techniques, si les processus d’utilisation ne sont pas respectés, elles ne pourront pas être garanties à 100%. » Anthony Dumais

« Son objectif c’est de dire que les enjeux cyber n’incombent pas qu’aux DSI mais qu’ils sont un sujet de dirigeants. La cybersécurité doit entrer dans les priorités de l’organisation et pour cela, elle doit être portée par la tête de l’entreprise. C’est un sujet difficile à appréhender pour les décideurs car c’est un dossier conséquent qui nécessite aussi de mettre en oeuvre de gros moyens, comme de la technique, de la formation et des processus... Il est donc parfois difficile de définir des priorités. Il faut toutefois prendre le temps d’y réfléchir en amont, connaître le sujet, s’évaluer et agir selon ses priorités, car en face, les attaquants engagent de gros moyens ».

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