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130e année

Le Garde des Sceaux en visite à la prison de Troyes

Sécurité. En visite sur le chantier de Troyes-Lavau, Éric Dupond-Moretti met en avant la nouvelle organisation autour du travail en détention.

Le Garde des Sceaux en visite à la prison de Troyes
Le garde des Sceaux qui revenait dans l’Aube pour la troisième fois, a visité le chantier très avancé de la maison d’arrêt de Troyes-Lavau (Crédit : L. Locurcio)

« Je veux amener les patrons en prison », s’exclame Éric Dupond-Moretti en visitant les futurs ateliers de travail de la maison d’arrêt de Troyes-Lavau. Qu’on se rassure, si le garde des Sceaux veut inviter les chefs d’entreprise à passer par la case prison, en l’occurrence la future maison d’arrêt de Troyes-Lavau, c’est avant tout pour y découvrir les ateliers de production et confier du travail aux détenus. En chantier depuis novembre 2020, l’établissement pénitentiaire sera mis en service à la mi-2023. Un investissement de 92 millions d’euros TTC entrant dans le cadre d’un plan immobilier pénitentiaire portant sur 15 000 nouvelles places de prison.

La maison d’arrêt de Troyes-Lavau pourra accueillir 472 détenus et permettra la fermeture définitive de celle de Troyes, particulièrement vétuste, située au centre-ville. « Troyes-Lavau, c’est un établissement nouvelle génération », précise David Barjon, le directeur général de l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (APIJ), en lançant la visite de chantier à laquelle participait le garde des Sceaux. Aménagements paysagers, intégration dans le paysage, « petite ville organisée autour d’une rue centrale », performance énergétique des bâtiments, tout a été pensé pour une meilleure intégration dans le paysage.


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Situé en bordure de la rocade de l’agglomération troyenne, le site accueillera également 330 agents pénitentiaires. À ce titre, la maison d’arrêt sera un acteur économique important en termes d’emploi mais aussi en tant que partenaire des entreprises régionales. Cela a déjà été le cas pendant la phase de construction qui comprend encore 150 personnes travaillant sur le chantier. Ce sera encore le cas après la mise en service, Éric Dupond-Moretti entendant passer à la vitesse supérieure en matière de travail en prison.

Un nouveau statut du détenu travailleur

« À Muret, les détenus travaillent pour les sous-traitants aéronautiques, à Rennes ils fabriquent des uniformes, tout est possible surtout dans les nouveaux établissements dont les ateliers ont été conçus pour cet objectif », poursuit-il. C’est évidemment le cas à Lavau où ce sont en fait une série d’ateliers qui ont pris place dans un bâtiment d’activités économiques. « Les entreprises doivent savoir qu’elles peuvent faire appel à ces ateliers pour leurs productions, d’autant que des nouvelles mesures ont été prises pour généraliser le travail en prison », précise le garde des Sceaux qui a même mis en place le nouveau statut du détenu travailleur.

« Le travail est le meilleur recours pour la réinsertion professionnelle et éviter la récidive », estime-t-il. Une réforme entrée en vigueur en mai dernier et qui offre également des conditions intéressantes aux entreprises : salaire équivalent à la moitié d’un Smic, formalités administratives prises en charge par la chancellerie, pas de recours aux prud’hommes, pour ne citer que quelques exemples. Pour inciter les détenus à travailler en prison, les remises de peines automatiques ont été supprimées et sont désormais conditionnées aux efforts réalisés, notamment par le travail.

Éric Dupond-Moretti attend aussi des efforts de la part d’élus. « Ils sont nombreux à réclamer plus de sécurité et beaucoup moins à proposer du foncier pour construire des prisons », regrette-t-il. « Pourtant, les nouvelles prisons sont très sûres, bien intégrées dans le paysage et offrent des retombées économiques importantes comme ce sera le cas à Lavau », indique François Baroin, président de TCM, à ce propos.

Laurent Locurcio