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130e année

Des nouveaux élus pour une mandature inédite

Elections. Sans majorité absolue, la majorité présidentielle à l’Assemblée devra composer avec de nombreux nouveaux élus, de son propre camp mais aussi de la NUPES et du RN.

Xavier Albertini
Xavier Albertini (Horizons).

Dans la première circonscription de la Marne, Xavier Albertini (Ensemble) l’a emporté sur sa rivale, la candidate NUPES, Evelyne Bourgoin. L’adjoint au maire de Reims, avocat de profession a recueilli 55,91% des suffrages exprimés dans une circonscription où l’abstention s’est élevée à 58,50%. Âgé de 50 ans, Xavier Albertini entre donc au palais Bourbon dans le camp de la majorité présidentielle, au nom de son appartenance au groupe Horizons. Sa victoire à peine savourée, il a attaqué les premiers jours de son mandat de député sur les chapeaux de roue. Inscription administrative le lundi, rencontre avec son groupe parlementaire Horizons le mardi, installation à l’assemblée et élections des dirigeants de groupe le mercredi, premiers travaux en tant que député sur la circonscription le jeudi…


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Pour l’élu rémois, il s’agit désormais d’organiser son agenda entre le travail au Palais Bourbon (généralement le mardi et le mercredi), la présence en circonscription et sa profession d’avocat, « sans oublier un équilibre familial à protéger », précise celui qui doit démissionner de son mandat d’adjoint au maire de Reims, en vertu de la règle du non-cumul des mandats, dans le mois suivant son élection.

S’il s’avoue ravi de sa large victoire au second tour des législatives, et surtout de sa progression entre les deux tours (il est passé de 9 000 à 15 000 voix), Xavier Albertini sait que la majorité présidentielle à laquelle il appartient devra jouer serré, faute de majorité absolue. « Il va falloir redonner de la force au verbe et au mot, à la négociation », admet le député marnais, qui espère que ses collègues parlementaires sauront « placer l’intérêt des partis en-deçà de l’intérêt collectif ». Prenant l’exemple de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne qui ont pris l’habitude de mettre en place des majorités de coalition, il souligne : « Nous avons, avec la Ve République, des institutions fortes. On doit pouvoir être capables de sortir par le haut de cette situation », rappelant que les rapprochements pourront se faire texte par texte ou de manière plus large, et pourquoi pas du côté de certains élus LR.

Girardin, Magnier et De Courson réélus

Dans la deuxième circonscription, le duel inattendu entre la NUPES et le RN a tournée à l’avantage de la candidate du Rassemblement National. Pourtant arrivée en deuxième position lors du premier tour, Anne-Sophie Frigout l’a emporté assez largement avec 54,82% des voix face à Lynda Méguenine. Professeure d’histoire-géographie à Fismes, la jeune femme âgée de 31 ans est également conseillère régionale du Grand Est. Particularité de cette circonscription, où la sortante Aina Kuric avait été éliminée dès le premier tour, elle devrait faire l’objet d’un recours de la part de Laure Miller, candidate de la majorité présidentielle.

Dans la troisième circonscription, Eric Girardin a été réélu avec 51,43% des suffrages exprimés. Arrivé en tête du premier tour, il était opposé à Jennifer Marc, candidate du Rassemblement National. élu pour la première fois en 2017, le député sortant, candidat Renaissance, entame donc un deuxième mandat au sein d’une majorité présidentielle bien moins hégémonique que lors de la mandature précédente. Pas de quoi inquiéter ce macroniste convaincu, féru de proximité et qui se veut résolument optimiste : « Je considère que cette situation est la traduction de ce qu’ont souhaité les Français, avec une Assemblée fidèle à la représentation de l’opinion des citoyens de notre pays. Cela va demander un effort à chacun, et pas seulement à la Majorité, si on veut que cette mandature soit une réussite pour le pays. Nous allons devoir travailler en concertation pour faire avancer les textes et les projets, nous allons voir si les hommes et les femmes qui composent le Parlement seront capables de répondre à ce nouvel exercice », avance-t-il.

Dans la quatrième circonscription, dans un remake du second tour des législatives 2017 où elle était déjà opposée à Thierry Besson (RN), Lise Magnier l’a une nouvelle fois emporté. La candidate de la majorité présidentielle a recueilli 55,33% des suffrages exprimés et conserve donc son siège à l’Assemblée nationale où elle siège sous l’étiquette Ensemble – Horizons. Enfin, dans la cinquième circonscription, Charles de Courson (Les centristes) a remporté son face à face avec le candidat du Rassemblement National Pierre Thionnet. Déjà largement en tête dès le premier tour, le député sortant a recueilli un score très favorable au second tour avec 63,03% des suffrages. Député depuis 1993, Charles de Courson entame son 7e mandat consécutif au Palais Bourbon.

Benjamin Busson