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130e année

Viliaprint : la maison aux murs en béton 3D inaugurée

Logement. Après quatre années d’expérimentation, le projet Viliaprint, porté par le bailleur social Plurial Novilia, mêlant impression 3D béton et éléments préfabriqués, vient d’être finalisé.

Le projet Viliaprint a débuté il y a quatre ans
Le projet Viliaprint a débuté il y a quatre ans (Crédit : DR)

Cinq maisons mixant murs impression 3D et éléments préfabriqués, en bois notamment, viennent de sortir de terre, après une année de chantier mais quatre ans de R&D, dans l’écoquartier Réma’Vert à Reims, sorte de site pilote pour habitat d’un genre nouveau. Si le développement de Viliaprint a pris autant de temps, c’est qu’entre l’idée et l’application réelle, il a fallu faire de très nombreux essais. « Il fallait que le type de béton utilisé soit assez liquide pour sortir d’une imprimante développée spécifiquement pour cela mais qu’il sèche aussi rapidement pour prendre tout de suite et avoir des propriétés isolantes », explique Olivier Martinage, du pôle Recherche et développement chez Vicat, société de cimenterie. « Cette innovation a permis de démontrer que l’impression 3D est compatible avec la vision d’un habitat social de haute qualité, confortable et performant », indique Jérôme Florentin, Directeur de la maitrise d’ouvrage chez Plurial Novilia.


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Si le défi architectural a été relevé, avec des murs en béton tout en courbes (côté sud) et les parties fonctionnelles de la maison, en panneaux de bois, l’enjeu écologique est lui aussi réussi, puisque « la quantité de béton pour une construction d’habitation normale de cette surface est réduite de 50 à 60% », précise Emmanuel Coste, architecte. Tous les murs ont été imprimés grâce à la technologie de l’impression 3D imaginée par XtreeE, société française de technologie d’impression 3D béton à grande échelle dans leurs locaux de Rungis, puis assemblés sur place.

Des performances d’isolation économiques et optimales

« Tous les outils de conceptions paramétriques, nous allons les travailler en collaboration avec le maître d’ouvrage, les architectes, les artisans du bâtiment, et l’outil numérique fait la passerelle avec tout le monde », poursuit l’architecte, se félicitant de ne pas avoir de limites, pourvu que les synergies suivent. « Nous passons du parpaing à l’impression 3D mais avec la même liberté de création. » Travaillant en « plans masqués », le chantier a duré 3 à 4 mois de moins qu’un chantier « classique », avec également une pénibilité moindre pour les ouvriers. Économiquement en revanche, un projet innovant comme celui-ci, avec une longue période de R&D coûte environ 25% plus cher : « Valable pour le chantier pilote, mais plus pour ceux qui vont suivre », précise la start-up XtreeE. Alors la maison en impression 3D remplacera-t-elle la maison classique, faite de parpaing ?

« Nous avons été approchés par de grands promoteurs ainsi que par des confrères bailleurs sociaux pour étudier cette nouvelle technologie », livre Jérôme Florentin. Quant à sa fiabilité, le projet a conquis ses lettres de noblesse en obtenant la certification ATEx (appréciation technique d’expérimentation) par le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). Avec 50% d’espace non constitué de béton, les performances d’isolation sont non seulement économiques mais aussi optimales. L’enjeu des prochaines années réside dans « la réduction de la matière et le travail sur le béton en lui-même, en incluant des granulats ou de la fibre ». « Tous les objectifs que nous nous étions fixés aussi bien en termes de technique constructive que de modèle économique sont en passe d’être atteints. Ce modèle est reproductible au sein d’Action Logement », soutient Alain Nicole, Directeur Général de Plurial Novilia.

Nastasia Desanti