Entreprises

Un savoir-faire historique pour des chantiers patrimoniaux d’exception

Artisanat. L’entreprise Art et Technique du Bois sera présente au Salon international du Patrimoine culturel 2022 (SIPC) à Paris à partir du 27 octobre, sur le stand de la Chambre des Métiers du Grand Est. Elle a, pour l’occasion, ouvert ses portes et présenté son activité, centrée essentiellement sur les travaux patrimoniaux de charpente et de technique du bois.

Lecture 5 min
Un savoir-faire historique pour des chantiers patrimoniaux d'exception
Menuisiers confirmés et apprentis travaillent sur le chantier d’envergure du moment : le remplacement de presque 200 fenêtres du Palais de Tau. (Crédit : N. Desanti)

Il flotte une douce odeur de sciure dès que l’on pénètre dans les locaux de l’entreprise Art et Technique du Bois (ATB), à Saint-Brice Courcelles (51). À l’intérieur des 1 500 m2 de bâtiment, plusieurs postes de travail occupés par une partie des 25 personnes (dont 21 coopérateurs) que compte l’entreprise — devenue SCOP (Société coopérative et participative) lors du départ à la retraite de son fondateur en 2004 — se répartissent les chantiers en cours, dont le plus emblématique du moment : le remplacement de 200 fenêtres du palais de Tau. L’entreprise mène de front une trentaine de chantiers, réhabilitant aussi bien des huisseries que d’immenses charpentes de plusieurs mètres d’envergure. « Nos techniques sont basées sur celles utilisées par les maîtres menuisiers et charpentiers il y a 100 ans. Nous perpétuons un savoir-faire historique et même si nous utilisons des machines, nous n’avons pas non plus de modèles dernier cri, car nos chantiers sont basés sur la restauration de bâtiments patrimoniaux : châteaux, églises, abbayes, etc. », explique Yann Bouet, conducteur de travaux menuiserie bois.

Exemple, les fenêtres du Palais de Tau. Celles-ci doivent être remplacées car elles sont devenues « de véritables passoirs thermiques ». Le travail d’ATB réside dans la création de nouvelles huisseries, « parfois hautes de plus de quatre mètres » pour pouvoir poser de nouvelles vitres isolantes, fabriquées par un maître verrier situé en Normandie, spécialiste du double vitrage des bâtiments historiques. « Nous travaillons avec une technique qui consiste à ne rien coller pour que dans 50 ou 100 ans, un menuisier qui intervienne sur ces fenêtres puissent tout démonter de A à Z. Nous travaillons en collaboration étroite avec les architectes des bâtiments de France lorsque les bâtiments sont classés. » Huit mois seront nécessaires pour fabriquer, lors de la première phase, 50 fenêtres. Six personnes travaillent en continu sur ce chantier, encadrées par le conducteur travaux. « Pour être à la tête d’un chantier comme celui-ci, très technique, il faut compter un certain nombre d’années de travail… », poursuit Yann Bouet.


>LIRE AUSSI : Une transmission en toute sérénité chez acorbois


Une perspective tout à fait envisageable au sein d’ATB, entreprise ne connaissant quasiment aucun turn over et une forte progression au niveau de son effectif qui a doublé en trois ans. « Notre carnet de commandes est plein pour un an et demi et nous sommes au maximum de notre capacité de chantiers », détaille Christophe Mozin, PDG de l’entreprise depuis un an mais présent depuis plus de vingt ans en son sein, en y ayant effectué tous les postes de travail. En effet, Art et Technique du Bois ne souffre que peu de la crise des matières premières, son principal matériau étant le chêne, une essence dont les forêts françaises regorgent. « Nous nous fournissons dans l’Aube dans deux scieries ayant des hectares dans le département ou en Haute-Marne. » Une économie totalement circulaire donc, tout comme la géographie des chantiers qui dépassent rarement l’ouest parisien.

Glaner de nouveaux chantiers

Pour autant, ATB tient à être présente sur le Salon International du Patrimoine Culturel, afin d’y faire démonstration de son savoir-faire très technique et de nouer des relations commerciales aussi bien avec d’autres artisans qu’avec des donneurs d’ordres. « Nous avons à cœur de montrer qu’en Champagne, nous avons aussi ce savoir-faire là », insiste Christophe Mozin. « Le salon apporte aussi une opportunité d’affaires supplémentaires. » Le stand d’ATB se trouvera aux côtés de douze autres artisans du Grand Est sur l’espace réservé par la CMA de la Région qui a déboursé 80 000 euros pour le salon.

Ces derniers sont sélectionnés via un comité en amont du salon. Quatre entreprises de Champagne Ardenne seront présentes, ATB, les ateliers Simon Marq, l’atelier Schaefer à Troyes, spécialisé dans la dorure et Morgane Pieters, restauratrice de livres anciens à Charleville-Mézières. Chaque artisan, s’il ne peut faire des démonstrations de son savoir-faire en direct, exposera néanmoins ses créations, afin d’expliquer et de présenter les spécificités de ses techniques et compétences.