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130e année

Rétrospective de l’année 2021 dans l’Aube

Rétrospective. En ces derniers jours de 2021, la rédaction vous propose un retour non exhaustif sur les 52 semaines écoulées pour redécouvrir tous les projets et les initiatives qui se sont déroulées dans l’Aube malgré une crise sanitaire et économique sans précédent dans l’histoire moderne.

La filière textile confirme

La filière textile auboise et son industrie de la maille continuent sur leur lancée. Après trois décennies marquées par les fermetures d’usines et les suppressions d’emplois à cause des délocalisations et des importations, la page semble bien tournée. Preuve en est le nombre important de projets d’investissements dans le secteur textile annoncés cette année, notamment dans le cadre du plan de relance. Les industriels aubois ont retrouvé foi en l’avenir du textile « made in France » en investissant massivement. C’est par exemple le cas des grandes entreprises de la filière, Petit Bateau et Lacoste, mais aussi des PME comme l’Atelier d’Ariane.

L’entreprise de Lavau dont l’effectif est passé de 60 à 80 personnes cette année va encore pousser les murs en investissant cinq millions d’euros, notamment pour relocaliser dans l’Aube une production en grande série d’articles fabriqués actuellement en Chine. L’Atelier d’Ariane envisage le lancement de sa propre académie de formation pour faire face à ses besoins récurrents de personnel.

France Teinture modernise son outil industriel avec l’acquisition de nouvelles machines à teindre avec à la clé la création d’une douzaine d’emplois supplémentaires au sein de l’entreprise troyenne. Le fabricant de chaussettes Tismail continue lui aussi d’investir et de voir plus grand, en ouvrant ses premières boutiques en propre à La Rochelle et Lyon.

Le coq sportif en forme olympique

Symbole de cette renaissance, le Coq Sportif qui aura encore annoncé de grands projets en 2021. Notamment un investissement de 8 millions d’euros à Romilly-sur-Seine pour construire un bâtiment de 3 000 m2 afin d’agrandir les ateliers et accueillir le siège social de la marque. L’entreprise d’équipements sportifs lance d’ailleurs sa propre école de formation pour recruter 80 personnes supplémentaires.

Avec la fin des travaux de la nouvelle usine, à l’horizon 2023, les effectifs du Coq Sportif à Romilly-sur-Seine passeront de 100 à 200 salariés. Et ce n’est pas fini d’autant que la marque vient d’annoncer qu’elle entend rapatrier en France la part de fabrication de ses chaussures réalisée au Portugal. Une volonté de produire français qui pourrait encore bénéficier au site romillon. La marque, qui va équiper les sportifs français aux Jeux Olympiques de Paris 2024 est en pleine forme, et a même fait défiler les champions français dans ses ateliers aubois !

2021, année qui débloque

Coïncidence ou pas, toujours est-il que l’année qui s’achève aura vu le dénouement d’un certain nombre de dossiers bloqués pour certains depuis des décennies. Le plus emblématique est sans doute celui des hôtels et restaurants de Jean-Jacques Lamblin situés en face de la gare de Troyes. Le bras-de-fer entre le propriétaire et François Baroin qui avait envisagé une procédure d’expropriation a tourné court avec l’intervention de Vinci Immobilier. Les travaux de démolition de l’ancien complexe hôtelier fermé depuis plus d’une dizaine d’années viennent d’avoir lieu pour laisser place à un programme mixte comprenant un hôtel 4 étoiles de 102 chambres sur 7 étages, une résidence seniors Ovelie de 109 logements, une résidence étudiants Student Factory de 140 chambres, 500 m2 de commerces en pied d’immeuble et 50 places de parking. Un investissement de l’ordre de 40 millions d’euros à venir.

Autre dossier de taille qui a connu son épilogue, celui de l’ancienne usine de papeterie Bolloré. Cet ancien site industriel de 9 hectares situés en milieu urbain était inactif depuis 1977. Depuis cette date le groupe Bolloré n’avait jamais voulu s’en séparer, jusqu’ici, en dépit de l’insistance du maire de Troyes. Au fil du temps, les bâtiments s’étaient délabrés et la vaste friche industrielle est désormais envahie par la végétation. François Baroin a fini par obtenir gain de cause, et la ville de Troyes va devenir propriétaire du site après l’intervention de l’Établissement Public Foncier du Grand Est (EPFGE) pour assurer le portage financier de l’opération.

Ce site est destiné à devenir un poumon vert, accessible au public à terme, dans le prolongement du parc des Moulins. D’une manière générale, la crise sanitaire n’a pas refroidi l’enthousiasme des investisseurs. C’est le cas de Clément Meunier qui a rouvert l’emblématique restaurant Le Bistroquet, fermé depuis plusieurs années en transférant à côté le café-théâtre le Troyes Fois Plus qu’il a fondé.

Encore un train de retard

En revanche, le dossier de l’électrification de la ligne Paris-Troyes a connu encore quelques retards. Si les travaux ont bien été lancés, ils n’avancent pas aussi vite que prévu. Ainsi, la partie située entre Paris et Nogent-sur-Seine devrait être livrée en 2022, il y aura du retard pour la mise en service sur le trajet de Nogent-sur-Seine à Troyes.

Un scénario optimiste fixe désormais la mise en service jusqu’à Troyes à 2025. D’autres craignent qu’il faudra patienter jusqu’en 2028. En attendant, la colère des usagers gronde à tel point que François Baroin et Jean Rottner sont montés au créneau pour réclamer que la SNCF maintienne une qualité de service acceptable sur cette ligne.

Des faits qui feront date

Plusieurs évènements particulièrement importants auront eu lieu dans l’Aube en 2021. Comme par exemple, la première visite d’Emmanuel Macron dans le département. Le président de la République, accompagné de plusieurs ministres et de grands sportifs comme Tony Parker, a été accueilli à Pont-Sainte-Marie, dans l’agglomération troyenne pour évoquer des initiatives liées à la pratique sportive.

Autre évènement d’importance, le changement intervenu dans le capital de la première entreprise auboise, le groupe agro-alimentaire Soufflet. Après une année de préparation, le groupe coopératif InVivo est devenu le nouveau propriétaire de Soufflet, officiellement depuis le 9 novembre dernier. Une page d’histoire pour l’entreprise nogentaise avec le passage de témoin de Michel et Jean-Michel Soufflet, soucieux d’assurer à travers cette transmission, la pérennité du groupe agro-alimentaire aubois.

Enfin, 2021 aura vu aussi les premiers pas du bailleur social Troyes Aube Habitat, né de la fusion de Troyes Habitat et de Aube Immobilier. En chiffres, Troyes Aube Habitat est d’ores et déjà un acteur de premier plan avec un patrimoine de 22 000 logements couvrant tout le territoire aubois et près de 300 salariés répartis en sept agences. Troyes Aube Habitat voit encore plus loin avec un ambitieux programme sur 2021-2024 de 200 millions d’euros de constructions neuves, 22 millions d’euros d’entretien et amélioration du patrimoine hors entretien courant et 17 millions d’euros pour l’aménagement.

Rédaction JdP