Place désormais à un nouveau défi pour Le Cabaret vert
Événement. 106 000 festivaliers ont convergé durant quatre jours, du 20 au 23 août, vers la plaine de La Macérienne à Charleville-Mézières pour y suivre un des plus grands évènements culturels du Grand Est qui doit aujourd’hui passer à une nouvelle étape.
Les dirigeants de Flap, Yves Schneider, Julien Sauvage et Alberto Fernandez affichent une légitime satisfaction après la clôture de l’événement.
« L’objectif a été atteint, nous avons dépassé de 5 000 personnes, l’affluence de 2025 avec plus de 106 000 festivaliers. » Seul bémol exprimé par Julien Sauvage : le peu d’entrain suscité par les deux premières journées avec « seulement » 21 000 et 22 000 entrées, de quoi susciter quelques craintes. « Heureusement nous avons dépassé la barre des 63 000 spectateurs les samedi et dimanche en grande partie grâce à la présence de Théodora et Gims. »
Car après être parti, en juin, pour connaître une édition record avec des indicateurs extrêmement positifs sur la billetterie qui fonctionnait alors à plein régime, il y a eu une « incompréhensible stagnation des ventes » en juillet et août. « Nous avons peut-être aussi été trop loin dans la thématisation musicale des journées » se posent la question les organisateurs tout en se satisfaisant de la « réussite multigénérationnelle du dimanche avec un record d’enfants ».
Un engagement sans faille des bénévoles
Yves Schneider a pour sa part loué la sérénité qui avait marqué une édition maîtrisée grâce à la professionnalisation de plus en plus grande des 2 800 bénévoles et des 236 chefs de pôles. « Les résultats de cette 20e édition constituent une première pierre solide avant la grande restructuration que nous allons connaître lors des prochaines années dans le cadre de la réhabilitation globale de La Macérienne. »
Rappelant qu’il était de plus en plus difficile de rester indépendant et de résister aux sirènes des mastodontes de la production de concerts « qui font régulièrement des offres de rachat à Flap », Julien Sauvage insiste sur le fait que l’avenir de la galaxie « Cabaret Vert » ne peut plus dépendre uniquement de quatre jours de billetterie. « Il est désormais nécessaire de passer par un renforcement du modèle économique actuel via un engagement permanent, durant 365 jours, sur une diversification des activités. L’avenir s’écrit là. »
Ce nouveau défi portera le nom de « Cabaret vert Village ». Il se traduira avec l’aide de l’association « Trapèze » et la collaboration d’Ardenne Métropole par la création d’un hôtel trois étoiles, indépendant, de 60 à 65 chambres et d’un vaste parc touristique de 15 hectares sur la plaine de La Macérienne (voir PAMB 8136voir PAMB 8136).
Sous la maîtrise d’ouvrage d’Ardenne Métropole, il s’agira d’abord, après la fin de la période de dépollution, de réhabiliter les 10 000 m² de bâtiments de la friche industrielle La Macérienne en faisant émerger sur place, et d’ici 2029, l’hôtel mais aussi, en plus de l’actuelle halle à bois, un véritable pôle d’attractivité comprenant un parc d’entreprises ainsi que de nouveaux lieux de vie, de création, de travail et de rencontres.
Tout cela avant de se lancer dans la création du parc urbain « Cabaret vert » de 15 hectares avec un embarcadère sur la Meuse qui réunira de nombreuses activités et plusieurs dizaines d’opérateurs. « Nous allons arriver à un vaste programme qui comprendra une douzaine de structures juridiques et nécessitera 60 millions d’euros d’investissements ». Une structure sera spécialement créée avec une vingtaine d’associés pour porter, protéger et valoriser plus de 20 ans de travail en s’appuyant sur la marque « Cabaret vert ». « Il y a 20 ans, nous avons rêvé de contribuer au rayonnement des Ardennes, nous allons largement atteindre cet objectif dans les années 2030 en proposant 200 activités sur ce site », se félicite le directeur, fier du chemin parcouru et déjà prêt au lancement du futur…