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130e année

Les cabinets de géomètres-experts peinent à recruter

Urbanisme. Les métiers évoluent fortement avec les nouvelles technologies mais l’image ancienne freine les candidats malgré les perspectives d’embauche.

Les cabinets de géomètres-experts peinent à recruter
Nathalie Delaloi, présidente régionale Grand Est et Cécile Taffin, présidente nationale de l’UNGE. (Crédit : L. Locurcio)

L’Union Nationale des Géomètres-Experts (UNGE), qui vient tout juste de célébrer ses cent années d’existence, est l’organisation professionnelle représentative de la profession. C’est dire que la profession est ancienne, reconnue, mais qui souffre aujourd’hui de ne pas être suffisamment connue. Présente partout en France avec 700 entreprises adhérentes, soit 1 220 géomètres-experts et 6 000 salariés, elle défend, promeut et accompagne la vision des géomètres-experts sur la politique de l’immobilier, de l’ingénierie, de l’aménagement et de la construction aux niveaux local et national.


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« Nous sommes aussi une profession qui a beaucoup évolué avec les nouvelles technologies et la numérisation, dont les nombreuses missions ne sont pas forcément toujours bien connues des particuliers, des collectivités et des entreprises », résument Nathalie Delaloi, présidente régionale Grand Est et Cécile Taffin, présidente nationale de l’UNGE. « Nous voulons faire évoluer notre image car c’est aujourd’hui une profession dynamique en lien quotidien avec les nouvelles technologies et qui utilise des drones, le GPS, les nuages de points par exemple », explique Nathalie Delaloi, qui exerce dans les Ardennes. Ce décalage entre l’image du passé et la réalité actuelle explique probablement le manque de candidats pour cette profession.

2 000 postes à pourvoir

« Pourtant, les besoins actuels sont très importants avec plus de 2 000 postes vacants sur la France, ce qui est beaucoup pour une profession comptant 10 000 salariés pour environ 1 250 cabinets », souligne Cécile Taffin. Aujourd’hui la profession figure même en troisième position parmi les trente premières en tension selon le ministère du Travail. Réunis à Giffaumont-Champaubert, dans la Marne, pour ses rencontres régionales marquées par les cent ans du syndicat, les adhérents de la région Grand Est ont également évoqué les thématiques liées à la profession, parmi lesquelles les forts besoins en recrutement rencontrés par les cabinets de géomètres-experts, tant localement qu’à l’échelle nationale. « Pour faire face nous faisons également beaucoup de formations pour attirer des candidats vers nos métiers et nous recrutons volontiers des alternants », ajoute la présidente régionale. Des formations initiales existent également allant du bac professionnel, au bac +2 et la licence pour le métier de technicien géomètre. La profession de géomètre-expert est pour sa part accessible après une formation de niveau bac + 5 dispensée par les trois grandes écoles reconnues.

Pour pallier les difficultés de recrutement, des formations ont été mises en place dans le cadre d’une reconversion professionnelle, au sein des AFPA et des GRETA. Des formations menant au titre de géomètre topographe, option cabinet de géomètres. « C’est aussi une profession qui se féminise progressivement, même si nous ne sommes pas encore assez nombreuses : en tout cas notre profession est prête à les accueillir », conclut la présidente nationale d’une profession qui gagne à être davantage connue.

Laurent Locurcio