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130e année

Le futur autodrome de Laon-Couvron converti à l’électrique

Environnement. À l’heure de la décarbonation de l’industrie automobile, MotorSport Vision a revu son projet initial. Alimenté par une centrale photovoltaïque, le circuit 100 % électrique pourrait être opérationnel d’ici quatre ans et attirer de nouvelles entreprises.

Le futur autodrome de Laon-Couvron converti à l'électrique
Le nouveau tracé de l’éco-circuit de Laon-Couvron a été ramené à 3,5 km. (Crédit : Motorsport Vision)

Après un arrêt au stand de plusieurs années, Jonathan Palmer semble enfin enclencher la surmultipliée. L’ancien pilote de Formule 1 est venu présenter aux élus locaux, fin juin, la nouvelle version de l’autodrome qu’il souhaite implanter dans le Laonnois. En 2013, sa société, MotorSport Vision, avait jeté son dévolu sur l’ex-base militaire de l’Otan (520 hectares) afin d’y créer le plus grand circuit d’Europe, d’une longueur de huit kilomètres. Il y a trois ans, un accord avait été entériné avec les collectivités territoriales aux termes duquel le dossier pouvait prétendre à un soutien conséquent de l’État, et notamment à quatre millions d’euros de financement public dans le cadre du Contrat de revitalisation des sites de défense (CRSD). C’était sans compter sur la pandémie mondiale et les nouvelles préoccupations liées à la protection environnementale qui ont quelque peu changé la donne.

Adapté aux filières en devenir

Initialement chiffrés à 10, puis à 25 millions d’euros, les coûts de construction auraient atteint les 30 millions d’euros sous l’effet de la crise, selon l’investisseur. En outre, la création d’un complexe automobile « classique » n’apparaissait plus en adéquation avec « l’air du temps », à l’aune des changements climatiques et de la transition énergétique, d’autant que la suppression programmée des moteurs thermiques en 2035 fragilisait gravement un modèle économique basé sur le fonctionnement de bolides surpuissants, carburant à l’énergie fossile. « Un nouveau projet pour un nouveau monde », résume simplement l’entrepreneur britannique.


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La version « post-Covid » ne compte plus, à présent, que 3,5 kilomètres de piste mais, surtout, est entièrement dédiée aux sports mécaniques électriques. MotorSport Vision ambitionne, en effet, de créer dans l’Aisne la référence mondiale en la matière. Pour cela, il projette d’intégrer une centrale photovoltaïque au sol de 300 hectares assurant l’autonomie de la structure ainsi que la recharge des véhicules. Cet « éco-circuit » présenterait aussi l’avantage d’être plus économique et plus rentable en rentrant dans l’enveloppe budgétaire de départ. Au rang des arguments, Jonathan Palmer envisage la création de 250 emplois lors des cinq prochaines années, et même de recruter 500 employés dans les 10 ans.

En parallèle des activités liées au site - compétitions, test des constructeurs, séminaires et événements promotionnels -, l’homme d’affaires d’outre-Manche souhaite y fédérer des filières industrielles complémentaires, comme le recyclage des véhicules en fin de vie, la maintenance ou la conception de voitures de course électriques, et créer ainsi un nouvel écosystème orienté vers la mobilité décarbonée. Selon ses prévisions les plus optimistes, le circuit automobile de Laon-Couvron pourrait accueillir ses premiers tours de piste à l’horizon 2026.

Stéphane Bourdier