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130e année

La stratégie disruptive de l’Estac commence à payer

Sport. City Football Group continue d’investir dans le club troyen, sur le terrain et en dehors, pour assurer le maintien parmi l’élite.

Aymeric Magne a présenté les enjeux de la nouvelle saison de l’Estac parmi l’élite. (Crédit : DR).

Après une première saison en Ligue 1 soldée par un maintien, l’Estac version City Group entend bien conforter sa place au sein de l’élite de manière pérenne. « On est très contents d’entamer cette deuxième saison consécutive en Ligue 1, ce n’était pas arrivé au club depuis 16 ans », explique Aymeric Magne. Le président exécutif de l’Estac n’a pas perdu de temps depuis son arrivée à Troyes, il y a 14 mois.

« Beaucoup de travail se fait dans l’ombre pour continuer à structurer le club, nous avons beaucoup investi dans les infrastructures, avec de nouveaux terrains synthétiques pour les pros et l’équipe réserve ou encore un nouveau vestiaire circulaire ultramoderne pour le groupe professionnel par exemple », explique le président de l’Estac en présentant les enjeux de la nouvelle saison. « Nous avons aussi beaucoup de changements sur la partie organisation, avec la création de 30 % des effectifs et de nouveaux postes créés sur la partie marketing, finances, communication et billetterie pour faire grandir le club, développer la marque Estac, générer des revenus », ajoute-t-il.


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L’avenir du football professionnel troyen se joue donc à la fois sur le terrain et en dehors. « Nous voulons être disruptifs et nous avons commencé en vendant des maillots NFT, en lançant notre nouveau maillot sur Roblox dans le métaverse, en faisant venir le DJ Martin Solveig dans le stade pour créer l’hymne d’entrée des joueurs », précise le président de l’Estac.

SPONSORING RECORD

Un positionnement original qui attire les sponsors et plus seulement les locaux. Cette saison, c’est un Winamax qui sera le sponsor principal. « C’est seulement le deuxième sponsor national de l’Estac, le premier c’était Afflelou et il n’était resté que six mois », indique Aymeric Magne. Cette fois l’implication sera bien plus forte, et si aucune somme n’a été avancée, l’entreprise de poker et paris sportifs en ligne établit le record du montant versé par un sponsor. En même temps, les partenaires locaux misent sur le club, à l’image d’un autre nouveau sponsor, le groupe Martinot Century 21, un spécialiste aubois de l’immobilier présent dans cinq départements.

« La population B to B réagit très positivement », reconnaît le président de l’Estac, et pratiquement toutes les « hospitalités » proposées aux entreprises font le plein. En revanche, côté public, l’objectif est de continuer à animer le stade et à proposer des tarifs accessibles à tous. L’an passé, le stade de l’Aube a accueilli en moyenne 9 645 spectateurs par match, terminant en fin de classement devant Angers et Monaco.

« Lors de ses derniers passages en Ligue 1, c’étaient 11 000 à 12 000 spectateurs avant la saison dernière, sauf qu’il y avait 3 000 à 4 000 invitations », tempère Aymeric Magne qui entend bien remettre de l’ordre et du spectacle pour attirer les Aubois au stade. L’actionnaire, City Group est là pour longtemps et y met les moyens. Par exemple en faisant signer cet été la pépite brésilienne Savinho pour 12 millions d’euros à l’Estac – le record du club troyen pour un transfert – mais pour le prêter dans la foulée au PSV Eindovhen. « S’il performe dans le championnat hollandais et qu’on considère qu’il a des chances de percer en Ligue 1, on le fera jouer à l’Estac », assure le président du club troyen.

Laurent Locurcio