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130e année

La restauration veut recruter autrement

Emploi. Une opération destinée à se faire rencontrer employeurs et personnes de bonne volonté pour travailler dans le secteur de la restauration, en proie aux difficultés de recrutements, s’est tenue à Charleville-Mézières.

La restauration veut recruter autrement
Employeurs et chercheurs d’emploi ont travaillé en situation durant une matinée (Crédit : P. Rémy)

Mise en place au sein du secteur de la restauration dans le cadre de la Fiche Action numéro 11 du Pacte Ardennes sur les métiers en tension, l’opération « Recrutons autrement » pilotée par la Région Grand Est et Pôle emploi, a récemment réuni l’ensemble des partenaires du service public de l’emploi à Charleville-Mézières (État, Mission Locale, Cap Emploi et le Conseil départemental) dans les locaux du Centre de formation Alméa.

L’action organisée avec le partenariat de l’enseigne Métro, qui avait fourni l’alimentation, ainsi qu’une structure de l’insertion par l’activité économique visait à permettre aux établissements en recherche de personnels de pouvoir recruter des postes de commis de cuisine avec ou sans expérience mais témoignant d’une volonté de travailler dans ce domaine. Lors de cette première édition, les candidats devaient, en l’espace de quatre heures, réaliser un plat à base de volailles pour six personnes plus un dessert en utilisant la framboise, avant un passage final devant le jury.

Des potentiels à dénicher

« À l’heure d’une reprise économique dans ce secteur d’activité, il y a une forte demande d’emplois à résorber. Et il existe un potentiel de personnes qui souhaitent et peuvent s’orienter dans ces métiers. Nous voulons par cette nouvelle approche leur permettre de mettre un premier pied dans la profession, avant d’intégrer éventuellement un parcours qualifiant en restauration », explique Azedine Benameur, chargé de mission partenarial à la direction territoriale de Pôle Emploi Ardennes. « Mon établissement qui ouvrira en septembre sur la zone de la Croisette aura besoin d’une quinzaine de personnes à la cuisine et en salle. Comme il est actuellement compliqué de recruter, je recherche d’éventuels collaborateurs », indique Jean-François Raczinski, futur directeur des Trois Brasseurs à Charleville-Mézières et présent lors de cette opération.


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L’absence de profils spécifiques sur des postes dédiés amène aujourd’hui les organismes et recruteurs à chercher des publics de tous horizons , dont il faut néanmoins mesurer les prédispositions et l’habileté. « J’encadre une équipe déjà complète mais il faut tout de même se tenir à l’écoute du marché et s’il faut venir former des gens motivés et qui veulent s’impliquer dans notre métier, je passerai du temps avec eux en leur apportant mon expérience », fait savoir Nadège Richard, restauratrice du Moulin de la Chut à Juniville. Dépassant les modes de recrutements conventionnels (CV et lettres de motivation) qui ont peut-être atteint leurs limites, cette action a permis aux employeurs, après avoir observé et évalué les potentiels collaborateurs encadrés durant une matinée, de recruter certains postulants ayant participé à un concours de cuisine.

« Cette mise en situation permettait aux candidats de se dégager de la pression d’un recrutement classique et de démontrer ainsi leurs capacités à répondre aux attentes opérationnelles de l’employeur », note Azedine Benameur. « C’est une expérience intéressante. Je suis venu collaborer à cette opération tout en recherchant quelqu’un pour disposer d’une équipe complète au sein de mon établissement. Je suis en quête de gens passionnés et disciplinés. Dans ce métier, il n’est pas facile de garder des apprentis. J’espère trouver ici des seconds de cuisine capables d’aider efficacement le chef et ainsi, de pouvoir accentuer mes amplitudes horaires », relève Jean-Claude Tripier, propriétaire de l’hôtel du Grand Cerf à Carignan.

Pascal Remy