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130e année

La friche Arbat reprise par quatre entreprises locales

Aménagement. L’opération initiée par la communauté de communes d’Arcis-Mailly-Ramerupt va permettre la création d’emploi et d’activités nouvelles sur le site.

Solange Gaudy et Cécile Dindar
Solange Gaudy, présidente de la communauté de communes Arcis-Mailly-Ramerupt et Cécile Dindar, préfète de l’Aube (Crédit : L. Locurcio)

Quatre entreprises se sont déjà engagées pour s’implanter à la place de la friche industrielle Arbat. Important fabricant de menuiseries industrielles à Torcy-le-Grand, Arbat a été emporté en 2014 par la liquidation judiciaire du groupe Simpa dont il faisait partie. Depuis, les 4,5 hectares du site dont plus de 10 000 m² de bâtiments étaient à l’abandon. « Il fallait trouver une solution d’autant que nous avions sur la même zone d’autres entreprises qui avaient des projets », résume Solange Gaudy. La présidente de la communauté de communes d’Arcis-Mailly-Ramerupt a saisi l’opportunité du lancement d’un fonds friches dans le cadre du plan de relance de l’État pour trouver la solution.

« Ça s’est révélé plus compliqué que prévu parce nous étions dans le cadre d’une liquidation judiciaire, mais nous avons pu boucler le budget d’une opération à plus d’un million d’euros, subventionnée par le fonds friches, la Région et le Département », poursuit-elle. Il est vrai que la perspectives de la création directe de plusieurs dizaines d’emplois et de gros travaux à venir a fait bouger les lignes.


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La communauté de communes a ainsi pu racheter le site au liquidateur et va lancer prochainement les travaux de désamiantage, de déconstruction et plate-formage. Les bâtiments actuels ne correspondant pas aux besoins des entreprises qui vont s’y installer et qui construiront leurs propres locaux. C’est par exemple le cas du groupe Doras qui a réservé 9 000 m² pour y transférer et moderniser son point de vente de matériaux de construction situé actuellement à proximité. « Grâce à ces nouveaux locaux, nous espérons doubler le chiffre d’affaires de ce point de vente d’ici deux à trois ans », explique Claude Moisand, directeur général de ce groupe de distribution de matériaux, implanté depuis 2010 à Arcis-sur-Aube et qui a racheté l’entreprise auboise Socobois en 2016. Autre futur occupant, le groupe Delisle , qui a repris les Transports Antoine à Torcy-le-Grand voici un an. L’entreprise auboise, spécialiste des transports alimentaires, travaille beaucoup pour Cristal Union et la sucrerie d’Arcis-sur-Aube. Jonathan Delisle n’a pas perdu de temps et a immédiatement saisi l’opportunité qui s’offrait avec la requalification de la friche Arbat.

Une friche de 10 000 m²

Président d’un groupe de transport et logistique spécialisé dans l’alimentaire qui compte 1 500 salariés en France pour un chiffre d’affaires annuel de 200 millions d’euros, il a immédiatement vu l’occasion d’ajouter de nouvelles activités dans sa base auboise. « Nous sommes déjà bien présents dans la Marne avec des sites à Fagnières et à Connantre avec 140 collaborateurs, et nous allons nous agrandir à Torcy-le-Grand en construisant de nouvelles installations de stockage et de logistique », précise Jonathan Delisle. Autre entreprise voisine du site Arbat, le fabricant de systèmes de gestion d’eaux pluviales Frankische cherche aussi à s’agrandir. Filiale française d’un groupe familial allemand, cette PME s’y est implantée voici dix ans.

Aujourd’hui, elle compte 66 salariés et connaît une très forte croissance avec un chiffre d’affaires annuel dépassant 38 millions d’euros. À lui seul Frankische a réservé plus de 2 hectares de l’ancienne friche pour y développer des projets. Enfin, une entreprise arcisienne, Peinture Defrance va se transférer dans de nouveaux locaux sur ce site également. « C’est un très bel exemple de ce qu’il est possible de réaliser avec le fonds friches », fait remarquer la préfète de l’Aube, Cécile Dindar, venue visiter les lieux. À noter également que la communauté de communes a tenu à ce que le prix du foncier reste accessible pour les entreprises – 10 euros du m² – afin qu’elles puissent y développer des projets. Pari réussi, les chantiers vont se succéder dans les mois qui viennent sur l’ancienne friche.

Laurent Locurcio