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130e année

La filière de la viande accentue sa « durabilité »

Alimentation. Dans le cadre de sa présence sur la Foire de Châlons-en-Champagne, Interbev, association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes, fondée en 1979 à l’initiative des organisations représentatives de la filière, met en avant les savoir-faire de ses professionnels mais aussi sa marque « Viande du Terroir Grand Est ».

La filière viande accentue sa « durabilité »
Cette année, Interbev a reconstitué une mini-boucherie sur la Foire et c’est Franck Bellaca lui-même qui est derrière le comptoir (Crédit : DR)

Présents sur un stand de plus de 100 m2 sur la Foire, devant le stand Terres de Saveurs, partenaire depuis plus de 15 ans, Interbev fera cette année encore démonstration des savoir-faire de ses professionnels, loin des polémiques dont le secteur est régulièrement la cible. « Trois zones seront proposées aux visiteurs : deux de jeux découvertes et questions / réponses ainsi qu’une reconstitution de mini-boucherie », indique Franck Bellaca, directeur d’Interbev. D’ailleurs cette année, choix a été fait de ne plus exposer des carcasses mais bien des morceaux de viande que viendront travailler des apprentis d’Alméa formation et des professionnels de l’Association des Maîtres Restaurateurs.

« Nous souhaitons mettre en avant la viande de Champagne-Ardenne avec la marque que nous portons depuis trois ans, « Viande du Terroir Champagne Ardenne ». C’est une démarche qui promeut la viande locale et durable puisqu’elle respecte un cahier des charges précis », explique Franck Bellaca. Les élevages sont en effet issus essentiellement des départements des Ardennes, de Haute-Marne et de la Marne, côté Meuse, en Argonne, là où il y a des pâtures.

Développer encore les labels

Depuis deux ans, suite aux États généraux de l’Alimentation devant parvenir à une alimentation « saine, sûre, durable et accessible à tous », le plan gouvernemental est de développer le Label Rouge, garantie d’animaux élevés et abattus dans des conditions optimales. Label développé au sein même des exploitations mais aussi distribué dans les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) avec un objectif de 40% dans les rayons contre 3% aujourd’hui. « Pour être Label Rouge, l’élevage doit être habilité sur ses pratiques (temps de pâturage, alimentation) et bénéficier d’un temps de maturation d’au moins 13 jours. » Concernant la dimension environnementale, l’interprofession a lancé un grand mouvement de certification HVE, « 280 exploitations sur plus de 14 000 sont labellisées, mais nous n’en sommes qu’au début. C’est un des axes forts que nous portons ».


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Franck Bellaca précise aussi qu’aujourd’hui, les éleveurs dans le Grand Est, « pour la plupart », ne sont pas uniquement des éleveurs mais aussi des producteurs de céréales. Ils fabriquent ainsi l’alimentation et le fourrage de leurs bêtes à la ferme, limitant importations et émissions de CO2, dans un secteur déjà pourvoyeur. Sur le stand d’Interbev, des démonstrations seront d’ailleurs effectuées concernant les cuissons de viandes car « même si on a une très bonne pièce mais qu’elle est mal cuite, la qualité ne sera pas au rendez-vous ». Petit mémo : 20 minutes de cuisson pour un rôti et 10 minutes de repos « pour que les chairs se détendent ».

La pédagogie fait ainsi partie des actions que mène Interbev tout comme les informations auprès des entreprises sur l’offre locale et durable de la filière : « Nous avons des contrats avec les acteurs de la distribution mais au niveau des restaurateurs c’est encore morcelé, c’est pourquoi nous nous faisons aussi connaitre à ce niveau pour apporter les contacts », fait savoir le directeur de l’interprofession, poursuivant : « Rien qu’à Vitry-le-François, il y a le groupe Bigard pour l’abattage et la découpe, et pour l’unité de transformation, il y a Elivia, plus connu sous la marque Tendre et plus ou La Nouvelle agriculture. »

15 abattoirs dans le Grand Est

Sur le Grand Est, 15 abattoirs sont présents, recevant à 95% des animaux du Grand Est. Ainsi, la région produit 140 000 tonnes de bovins dont 90 000 tonnes sont abattues pour une consommation totale de 150 000 tonnes de la population sur une année. Un atout pour le territoire quand on sait que souvent, les grandes enseignes de GMS ont leur propre abattoir pour rationaliser non seulement les flux mais aussi les coûts.

« Nous avons des contrats avec les acteurs de la distribution mais au niveau des restaurateurs c’est encore morcelé, c’est pourquoi nous nous faisons aussi connaitre à ce niveau pour apporter les contacts »

« Sur la Lorraine par exemple, un bovin fait en moyenne 15 kilomètres pour être abattu. » Pour autant, suite à la loi Egalim, le monde paysan reste divisé sur le principe de contractualisation : « Certains préfèrent continuer de vendre au plus offrant à un instant T plutôt que d’avoir une sécurité sur une année, là encore, il faut faire confiance au bon sens paysan, pour évaluer quelle et la meilleure méthode à adopter. »

Nastasia Desanti