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130e année

La cobotique, avenir du nettoyage industriel

Robotique. Un environnement plus sain et plus propre pour des entreprises plus efficaces, un personnel de nettoyage aux conditions de travail améliorées et valorisées… L’innovation technologique et sociale est l’enjeu actuel des métiers de la propreté. La cobotique en est le vecteur.

La cobotique, avenir du nettoyage industriel
Pascal Rodrigues (3e en partant de la gauche), en compagnie de clients venus assister à une présentation de cobots. (Crédit : J. Rivière)

Si l’environnement robotique a déjà gagné depuis longtemps l’univers de la maison (à la cuisine, dans le jardin, pour la piscine, en matière de sécurité, d’aide à un certain nombre tâches, etc…), il diffuse à présent dans celui de l’industrie et, dans le cas qui nous intéresse ici, du nettoyage industriel. Avec une dimension supplémentaire de collaboration homme-robot, qui a conduit aux néologismes de « cobotique » et « cobot ».

Pour Pascal Rodrigues, directeur associé d’A-G-net propreté & services pour la Marne*, « l’innovation sociale est l’enjeu des métiers de la propreté. Nous devons former et valoriser nos effectifs. La Fédération des Entreprises de Propreté communique également sur le développement du travail en journée pour nos salariés qui sont encore aujourd’hui des… femmes (à 98 %) de l’ombre. Tout cela change les relations dans nos entreprises et dans celles de nos clients. En apportant l’innovation technologique dans nos prestations, nous augmentons leur qualité, tout en créant du lien social. »

L’innovation valorise l’emploi

En la matière, et contrairement à une idée reçue, l’innovation technologique ne tue pas l’emploi, elle le valorise. « Les machines que nous souhaitons mettre peu à peu en place, appelées « cobots », nécessitent une présence humaine, et doivent être programmées et surveillées par des agents qualifiés. Mais pendant que le cobot accomplira la tâche de nettoyage classique (aspirage, lavage…) pour laquelle il a été programmé, l’agent pourra effectuer des tâches que ne peut pas accomplir la machine, par exemple la désinfection de points de contact, comme les portes. On améliore ainsi les conditions de travail des agents, avec moins de pénibilité, et la qualité d’hygiène dans les locaux des entreprises. »


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C’est ce qu’a expliqué Pascal Rodrigues à ses clients, récemment invités à découvrir l’environnement cobots dans ses locaux rémois, en partenariat avec Boma, entreprise spécialisée dans le développement et la distribution de solutions de nettoyage innovantes. Une gamme de huit cobots leur a ainsi été présentée, permettant de nettoyer (selon le modèle) jusqu’à 2 500 m2 par heure, avec une autonomie de 10 h pour les machines les plus performantes, quand un agent de propreté nettoie entre 250 et 300 m2/heure.

52 000 postes à pourvoir

Selon la Fédération des Entreprises de Propreté, 52 000 postes sont actuellement à pouvoir dans ce secteur. Pour Pascal Rodrigues, « la cobotique constitue, pour la profession, un virage à prendre dès aujourd’hui. C’est tout un process qui amène à réorganiser le travail dans nos entreprises et chez nos clients. Cela conduit également à revaloriser ce métier, et à attirer de nouveaux profils. » L’enjeu est clair : il s’agit bien de l’avenir du nettoyage industriel.

*A-G-net propreté & services est une entreprise de nettoyage industriel implantée dans l’Aube, la Marne, les Ardennes, l’Yonne, qui compte 1 600 salariés. La structure marnaise, avec deux agences à Reims et Châlons-en-Champagne, emploie 850 personnes, au service de 1 500 entreprises clientes, et réalise en chiffre d’affaires annuel de 10 M€.

Jacques Rivière