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130e année

L’innovation au cœur des réflexions lors de l’Innov’Time

Start-up. L’incubateur de start-up, Innovact, intégré au réseau Quest for Change, tenait son grand rendez-vous Innov’Time, mettant en avant les entreprises incubées.

L'innovation au cœur des réflexions lors de l'Innov'Time
Catherine Arbez, la nouvelle directrice d’Innovact insiste sur les challenges et défis de demain, aux côtés de Stéphane Chauffriat, directeur du réseau Quest for change. (Crédit : Nastasia Desanti)

Qu’est-ce que l’innovation ? C’est à cette vaste question, presque philosophique, que les acteurs du réseau Quest for change, qui réunit cinq incubateurs du Grand Est sur six territoires différents, tentaient de répondre, aidés par la présence d’une dizaine de start-up incubées chez Innovact. En vrac, revenaient les mots de « nouveauté », « créativité », « inventivité », « assemblage »… Pour continuer de filer la métaphore champenoise, Yann Velly, conseiller municipal, délégué à la relance de l’activité économique et de l’emploi observait : « Quand on est champenois, on se doit d’être effervescent ! C’est une des bases de l’innovation qui, si elle doit faire preuve de nouveauté, doit aussi être une solution répondant à un problème donné et être susceptible d’application industrielle. Et tout cela, on le développe rarement dans son coin. On se doit d’être accompagné. »

Et c’est bien ce à quoi s’attelle le réseau depuis trois ans maintenant. « Donner une direction, un cap, la capacité de grandir et de réconcilier les générations… » Telle est la vision de l’innovation de Catherine Arbez, nouvelle directrice d’Innovact, ayant passé dix années dans le marketing chez Danone et qui s’apprête à apporter sa pierre à l’édifice, pour « relever les défis de demain ».

L’innovation demande aussi de « casser les codes » avec « certitude » et « complexité » tout en « essayant de limiter les risques ». Autant dire, un véritable exercice d’équilibriste, ce qui peut peut-être expliquer le lieu qu’avait choisi la structure pour célébrer les start-up en cette fin d’année, soit le Manège de Reims… Alors comment simplifier ce qui est complexe ? « En apportant de l’expérience et une méthode », répond Catherine Arbez. Car avoir une idée c’est bien, pouvoir la mener au stade de l’expérimentation puis à celui de « go to market » c’est mieux. Ainsi, depuis 2018, 33 start-up ont été accompagnés par Innovact générant une centaine d’emplois. « Ceci grâce à tout un écosystème particulièrement dynamique : mentors, formateur, banquiers, réseau de soutien et d’accompagnement… »

Répondre à des problématiques en affrontant les obstacles

Stéphane Chauffriat, directeur du Réseau Quest for Change auquel appartient Innovact, est lui-même passé par la création de deux start-up : « La vie d’entrepreneur ne s’apprend pas dans les livres. On est confronté à tout un ensemble de problématiques », livre celui qui pour renforcer l’expérience vient de créer un réseau d’alumni. Ainsi le réseau est passé d’une trentaine de start-up incubées à 240 dont une soixantaine dans le domaine de la santé et du bien-être, secteur très porteur. « Le partage et l’entraide permettent de déminer les projets périlleux, d’accroître le potentiel de développement industriel et de répondre à des questions d’expertises pointues. »


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Plus de 100 alumnis composent déjà le réseau, grâce à une plateforme accompagnée par la BPALC avec comme objectif de « multiplier les connexions. » Ce n’est pas Albin Jeanne, fondateur de la start-up spécialisée dans le domaine de l’immunothérapie, Apmonia Therapeutics, qui dira le contraire : « Innovact a transformé le scientifique que je suis en entrepreneur. » Quant à Philippe Rapin, CEO de Urban Radar, start-up dans le domaine de la smart city, fondée à San Francisco, c’est la force du réseau du Grand Est ainsi que la proximité de Reims avec Paris et Bruxelles qui l’a décidé à intégrer Innovact. « J’ai été séduit par l’ensemble de l’écosystème et la pertinence des accompagnements pour construire quelque chose de solide. »

Stéphane Flandre et Léo-Paul Keyser, fondateurs d’In-Tracks, spécialisée dans l’efficience énergétique des entreprises ont, eux, trouvé au sein de l’Incubateur, un accompagnement sur la stratégie B to B à mettre en place. « On va aller chercher de la data, de la donnée, pour voir ce que l’on consomme. Nous avons aussi mis au point une ‘‘carbon map’’ c’est-à-dire une cartographie de l’intensité carbone que l’on génère. » Déjà bien lancée avec une levée de fonds de 800 000 euros, In-Tracks espère lever dans quelques mois 5 millions d’euros. Un exemple de plus de la solidité de l’écosystème porté par les acteurs de l’innovation en Grand Est et à l’échelle locale. Quant au mot de la fin, il pourrait revenir à Albert Einstein et sa célèbre citation : « Une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenter d’innover. »

Nastasia Desanti