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130e année

L’avenir de Clairvaux dans le vif du sujet

Patrimoine. Un appel à manifestation d’intérêt lancé jusqu’au 30 septembre pour retenir un ou plusieurs porteurs de projet.

L'avenir de Clairvaux dans le vif du sujet
Le site de Clairvaux comprend 36 bâtiments classés ou inscrits au titre des monuments historiques (Crédit : L. Locurcio)

Qui veut reprendre le site de Clairvaux dans l’Aube ? La question est désormais clairement posée avec le lancement officiel d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI), courant du 8 juillet au 30 septembre. Les opérateurs intéressés vont avoir un été studieux afin de déposer un projet d’installation de nouvelles activités sur ce site de 32 hectares. À l’issue de cet AMI, l’État, en partenariat avec les collectivités territoriales, sélectionnera un ou plusieurs porteurs de projets.


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Le délai peut sembler court, mais il faut rappeler qu’un appel à idées avait été lancé entre juillet 2019 et juillet 2020. Cette fois c’est une phase bien plus concrète qui s’annonce et il faudra prouver sa capacité à mobiliser des financements importants. Uniquement en ce qui concerne la restauration du clos et couvert des bâtiments protégés au titre des monuments historiques, l’estimation provisoire s’établit à 150 millions d’euros.

L’État est prêt à investir 33 millions d’euros à court terme (2023-2026) afin de restaurer le grand cloître, sous réserve du vote des crédits en loi de finances. Pour le reste, il reviendra aux candidats de prendre en charge le solde des travaux de clos et couvert ainsi que l’intégralité des travaux intérieurs. Ils devront aussi assumer la totalité des dépenses portant sur les immeubles non protégés au titre des monuments historiques, stipule le cahier des charges. À noter aussi que l’actuelle prison appelée à être fermée sera conservée ou non, en fonction des projets. En tout cas, le ministère de la Justice s’est d’ores et déjà engagé à financer les travaux de démolition des bâtiments modernes et de remise des sols en état de prairie, si cela entrait dans le cadre du projet du repreneur.

Investissements lourds

Un repreneur dont le profil n’est pas défini. Quelques pistes sont cependant esquissées, « les projets portés par des groupements d’entreprises favorisant la reprise de l’intégralité du site seront priorisés ». Dans les faits, cela sera peut-être compliqué de trouver un opérateur unique : dans ce cas, les projets pourront porter sur une partie du site « à condition que cette partie comprenne une part majoritaire de surfaces protégées au titre des monuments historiques ». Ce n’est pas ce qui manque sur le site du Clairvaux puisque parmi les 50 000 m² de surfaces bâties, plus de 40 000 m² sont protégées. La reconversion du site de Clairvaux doit donc contribuer au développement du territoire, via un projet culturel, touristique, économique majeur qui présente de véritables retombées positives et attestées au niveau local.

Il devra aussi être créateur d’emploi pour compenser la perte des emplois des surveillants de la maison centrale. Il faudra aussi trouver un modèle économique viable. D’autant que les propositions économiques des candidats seront jugées à la fois sur la capacité à mobiliser des investissements pour la prise en charge des travaux et sur le niveau de la redevance proposée au propriétaire des 32 hectares du site de Clairvaux, l’État.

Laurent Locurcio