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130e année

Immobilier dans la Marne : le marché suspendu à la conjoncture

Immobilier. Après une année 2021 marquée par un record du nombre de transactions et des prix à la hausse sur tous les secteurs du marché, l’immobilier amorce une phase de stabilisation à la mi-2022. Zoom sur les marchés marnais, ardennais et aubois.

Immobilier dans la Marne : le marché suspendu à la conjoncture
L’année 2021 a marqué une embellie record pour le marché de l’immobilier. (Crédit : B. Busson)

Dans la Marne, Reims tire indéniablement le marché de l’immobilier tant en nombre transactions qu’au niveau de leurs montants. Sur les 3308 maisons anciennes vendues dans le département, 486 l’ont été à Reims, 154 à Châlons et 112 à Epernay. Des secteurs comme la Vallée de la Marne (628 transactions), le sud-ouest (482 transactions), le sud-est marnais (267) et l’Argonne (122) ont connu un nombre de transactions élevé. Une hausse du nombre de transactions mais aussi une hausse des prix, en raison notamment d’une forte demande.


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« Pour les maisons en centre-ville de Reims, on est à 3800 euros /m2 », précise François Gauthier, notaire à Reims et responsable des statistiques immobilières pour la chambre interdépartementale des notaires. Du jamais vu dans la Cité des Sacres. « On a connu une augmentation significative qui représente +8% en un an sur les maisons anciennes ». Des hausses qui s’expliquent par une recherche toujours plus importantes de biens de type maison ancienne avec jardin. Car comme bon nombre de villes moyennes, Reims a bénéficié de l’accélérateur lié au Covid, qui a entraîné une forte demande de logements avec un espace extérieur, balcon, terrasse ou jardin. Mais l’offre n’est pas extensible pour ce type de biens. « Il y a un gros déséquilibre entre l’offre et la demande qui fait grimper les prix. On peut aussi noter l’arrivée d’une clientèle venant d’Ile de France, qui vient se placer sur le marché rémois. C’est une clientèle qui reste marginale mais qui contribue à faire monter les prix dans un marché déjà tendu ».

Les appartements anciens à la hausse

« On observe une hausse de 8% sur les appartements anciens en un an dans la Marne. Et même s’il y a des disparités entre les quartiers, on note cette tendance à la hausse dans toutes les villes du département », explique Me Gauthier. A Reims, toute la couronne reste très prisée. La barrière symbolique des 3000 euros du mètre carré a même été allègrement franchie au cours de la dernière année pour les appartements anciens, le prix du m2 en centre-ville atteignant désormais les 3100 euros.

« Au premier semestre 2022, le volume des ventes reste assez élevé par rapport à 2021 - qui était une année record - mais on observe un léger ralentissement depuis le mois de mai »

Au niveau des appartements, la hausse des prix s’explique aussi par les recherches de plus en plus importantes des investisseurs, attirés par les nouvelles formes de location. « Les appartements meublés ou des locations saisonnières type Airbnb qui offrent des rentabilités importantes attirent de nombreux investisseurs. Résultat : des petites surfaces situées dans les faubourgs de Reims se vendent de plus en plus cher aujourd’hui ». Les programmes neufs de petites surfaces profitent eux aussi de l’attrait des investisseurs malgré l’allongement des délais de construction.

Si les propriétaires habitants vendeurs profitent de ces hausses de prix, la situation se complique davantage pour les primo-accédants, qui rencontrent davantage de difficultés pour accéder au marché de l’accession, freinés par la hausse des prix, la hausse des taux bancaires qui s’amorce et la baisse du pouvoir d’achat liée à l’inflation. « Au premier semestre 2022, le volume des ventes reste assez élevé par rapport à 2021 - qui était une année record - mais on observe un léger ralentissement depuis le mois de mai », souligne Me Gauthier. Conjoncture nationale, guerre en Ukraine, élections, coûts des travaux, délais de construction… sont des explications à un certain ralentissement des prises de décisions. « On a moins d’emballement mais on reste néanmoins sur des niveaux de prix équivalents ».

Benjamin Busson