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130e année

Georges Lebre, président de Cibox, précise son projet d’implantation à Revin

Mobilité. Le projet d’implantation d’une usine de vélos électriques à Revin est aujourd’hui entériné. Le porteur de projet, Georges Lebre affine ici ses intentions.

Georges Lebre, président de Cibox
Agé de 53 ans, Georges Lebre a intégré Cibox il y a cinq ans après avoir été appelé par Sung Ming Lun avec lequel il était actionnaire associé actif. C’est en 2021 qu’il a pris la présidence de Cibox. (Crédit : P. Rémy)

PAMB : Qu’est-ce que l’entreprise Cibox ?

Georges Lebre : « Créée en 1995, Cibox fabriquait au départ des PC en France. Puis après l’avènement des ordinateurs portables sur le marché informatique, elle a été une plateforme de périphériques (écrans, claviers, souris, webcam) autour de l’ordinateur. En 2011, Cibox s’est reconvertie dans les produits électroniques, de stockage informatique et les disques durs multimédias avant de se spécialiser dans la micromobilité en concevant dès 2017 des trottinettes. On a eu la conviction qu’il y avait un marché à prendre sur ce secteur d’activité avant de compléter notre offre en ajoutant le vélo électrique haut-de-gamme. En 2021, Cibox a réalisé un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros avec 35 salariés et est aujourd’hui côtée en bourse. »

Pourquoi avoir choisi de relocaliser à Revin une production faite jusqu’alors en Roumanie (90 %) et en Pologne (10%) ?

« Si les trottinettes sont produites en Chine, nous avons choisi de manufacturer les vélos en France. Nous fabriquerons nos nouveaux modèles à assistance électrique à Revin où 95 % de l’activité sera consacrée à ce produit. Cette relocalisation nous permettra ainsi de diminuer notre exposition aux fournisseurs tout en baissant nos coûts de transport. Nos réflexions sur les démarches d’intégration de la production dans les Ardennes ont commencé il y a un peu plus d’un an avant l’étude de la meilleure implantation géographique en France. En effet, le site est situé non loin des ports d’Anvers et Dunkerque, ce qui permet une réception rapide des composants fabriqués en Asie. Revin est idéalement placé à proximité des marchés hollandais, allemands et nordiques ce qui nous permettra de cibler l’international. »


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Quel est votre planning ?

« Nous partons quasiment de zéro, ce qui va nous permettre de construire de A à Z un ensemble neuf, moderne et parfaitement adapté à nos besoins. Une fois les phases d’autorisations administratives bouclées et le permis de construire obtenu, nous serons tout de suite à pied d’œuvre à Revin. Probablement en octobre si tout se passe bien. Dans un premier temps, nous occuperons les 900 m2 dans lesquels se trouvaient auparavant l’acteur local, ACDL, pour y transférer, en début d’année 2023, notre atelier 3R (Réparation, Reconditionnement, Recyclage) actuellement situé à Alfortville. Une vingtaine de personnes polyvalentes dont des techniciens issus d’une partie de notre équipe francilienne et des volontaires pour venir dans les Ardennes seront embauchés pour cette première étape. Nous prévoyons ensuite d’installer un atelier de service après-vente avant d’entrer en production en 2024. »

Et s’agissant du plan d’embauche ?

« De nombreux métiers seront exercés sur place. Nous rechercherons des opérateurs, des gens capables de programmer les machines, des employés de maintenance, de contrôle et de surveillance, des techniciens et des soudeurs professionnels. Il y aura une centaine d’embauches au bout d’un an d’exploitation si la montée en charge de l’appareil de production est celle attendue. Et si l’entreprise parvient à tourner à plein régime en atteignant l’objectif de 150 000 vélos par an, cela équivaudrait à pouvoir faire travailler à Revin entre 250 et 300 personnes en 2028. C’est le calendrier ciblé. »

Quel investissement cette opération nécessitera-t-elle ?

« L’investissement global sera de 20 millions d’euros. 16 millions seront consacrés à la réhabilitation et à l’édification du bâtiment dont on sera locataire via un bail avec Ardennes Rives de Meuse, propriétaire de la friche. Cette action est à moitié subventionnée par l’Etat, la Région et la communauté de communes. Enfin, pour les équipements de production subventionnés à hauteur de 1,8 million d’euros, nous engagerons 4,6 millions d’euros dans l’acquisition et l’installation de différentes machines composant la chaîne de production. »

Pascal Remy