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130e année

Enedis, acteur de la sobriété énergétique

Energie. Présent sur 21 sites et employant 850 salariés et 70 alternants, Enedis accompagne les entreprises, les collectivités et les particuliers dans la transition énergétique.

Enedis, acteur de la sobriété énergétique
Chaque année, en Champagne-Ardenne, Enedis investit près de 74 millions d’euros pour moderniser et assurer durablement un bon niveau de qualité de l’électricité. (Crédit : DR)

Entreprise de service public, gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, Enedis est au cœur des questions liées à la transition et à la sobriété énergétique. Directeur régional Champagne-Ardenne, Olivier de La Chapelle mobilise, à l’approche d’un hiver sous tension, l’ensemble des 850 salariés du territoire pour accompagner l’ensemble des acteurs régionaux, qu’ils soient particuliers ou entreprises, dans leur politique et leur stratégie de sobriété énergétique. « A la maison comme en entreprise, on peut considérer que des gestes simples sont nécessaires pour réduire la consommation. Nous avons engagé un plan de sobriété sur les questions de l’immobilier, de l’éclairage, du transport pour faire des écogestes du quotidien qui vont nous permettre de participer… », explique le Directeur régional.

« Chez Enedis, nous allons travailler sur un certain nombre de choses dans les bâtiments, sur les températures, les déplacements l’eau chaude… de façon assez classique mais nous allons prendre notre part en tant qu’entreprise. Avec probablement un focus sur les jours classés « rouge » où nous ferons attention à ne pas brancher les véhicules électriques pendant les périodes de pointe par exemple ».

« Le consommateur peut aujourd’hui analyser ses propres données, ce qui est très nouveau. De notre côté cela nous permet d’avoir, sur de grands ensembles, une meilleure vision de notre propre réseau »

Enedis profite également du déploiement de ses compteurs Linky pour mettre à disposition des collectivités locales un portail leur permettant d’accéder à des services contribuant à la sobriété énergétique de leur territoire. « Nous travaillons avec Reims depuis deux ans déjà sur un projet de récupération de données en fonction de la nature et de la destination des bâtiments publics. Cela permet de déterminer les différences de consommation entre les bâtiments sportifs, administratifs, culturels, scolaires… et de gérer les écarts entre les uns et les autres. C’est notamment de cette manière que nous avons pu observer des économies possibles dans les établissements scolaires pendant les vacances Nous sommes agrégateurs de données pour les proposer à nos parties prenantes et leur permettre ainsi d’établir un diagnostic et d’optimiser leur propre consommation d’énergie. Avec Linky, cela peut s’adresser aux collectivités comme aux entreprises et aux particuliers ».

Un dispositif de dernier recours

Les entreprises justement, et en particulier les sites industriels, redoutent le délestage auquel pourrait avoir recours le gouvernement cet hiver. Si elle n’est pas directement décisionnaire dans ce cadre, Enedis collabore avec RTE et l’Etat de façon assez étroite pour identifier et mettre en œuvre un certain nombre de solutions afin de mettre en œuvre un plan global de sobriété. Plan dont la finalité est de afin d’éviter d’avoir recours à ces coupures exceptionnelles.


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« Pour nous, les coupures sont un dispositif de dernier recours et doivent être un mécanisme potentiellement activé en cas de risque de déséquilibre global du système électrique en France. Tout cela est aussi lié à la température extérieure (sachant qu’un degré de moins au niveau national entraine l’équivalent de la consommation de Paris en plus) et de ce que sera la production d’énergie en France. On prépare ces mesures comme on le fait chaque année… », explique Olivier de La Chapelle qui définit Enedis comme tiers de confiance dans l’ensemble de ses missions… Une appellation destinée à rappeler la nature d’entreprise publique avec ses droits et ses devoirs. « Nous ne sommes pas une entreprise commerciale, nous distribuons l’énergie à tous les Français, quels que soient leurs fournisseurs d’énergie. Mais nous sommes aussi un observateur attentif de tout ce qui se passe sur le marché de l’énergie. Notre rôle est à la fois d’être partie prenante, de conseiller et d’accompagner nos clients et les collectivités locales pour trouver les bonnes solutions auprès d’eux dans cette transition », poursuit le directeur régional.

Des usages en mutation

En Champagne-Ardenne, Enedis peut s’appuyer sur 850 salariés répartis dans 21 sites et pas moins de 70 alternants, preuve de l’attachement de l’entreprise à la formation. Elle consacre chaque année 74 millions d’euros à ses investissements, pour moderniser et adapter durablement la qualité du réseau avec une centaine d’entreprises partenaires sur l’ensemble du territoire. « Ces investissements nous permettent d’accélérer les raccordements des énergies renouvelables sur le territoire et notamment d’accompagner la croissance à deux chiffres dans le domaine du photovoltaïque. Cela va également permettre d’accélérer le raccordement sur les bornes de véhicules électriques », souligne le directeur régional, qui exploite à la fois un réseau de 34 000 km et une gestion de données ultra pointues.

Car la data est désormais un des outils de la gestion affinée de la consommation des collectivités comme des particuliers. « Le consommateur peut aujourd’hui analyser ses propres données, ce qui est très nouveau. De notre côté cela nous permet d’avoir, sur de grands ensembles, une meilleure vision de notre propre réseau. C’est le début d’une aventure autour de l’optimisation de nos réseaux par la data. On est un gestionnaire de réseau et on sera un gestionnaire de data demain. Le terrain de jeu est très grand sur ce sujet et on commence par exemple à travailler avec Romeo (le supercalculateur de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, NDLR). Dans un territoire comme le nôtre, favoriser l’émergence d’une filière data, avec des formations, pourrait être très intéressante ».

Pour Olivier de La Chapelle, dans la situation actuelle de transition, il s’agit pour l’ensemble des acteurs de l’énergie de « gérer du temps long avec du temps court ». Pour lui « les usages des Français vont se transformer dans les 30 ans qui viennent comme ils se sont transformés au cours des 30 dernières années. Si on se projette dans 30 ans, on aura une consommation d’énergie qui aura augmenté de 40%, avec l’arrivée de nouveaux usages, la démographie, la décarbonation de nos industries et de nos maisons. Cela nécessite de se préparer avec plus de production - avec plus d’énergie renouvelable sur notre réseau - et d’être en capacité à raccorder ces nouveaux usages. Cette transformation ne va pas se faire en un an. La demande va croître, il va donc falloir accompagner l’augmentation de l’offre. C’est aussi notre rôle en tant que service public ».

Benjamin Busson