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130e année

Cibox espère lancer son atelier 3 R

Industrie. Le planning et le plan de financement de l’implantation de l’entreprise Cibox à Revin ont bien avancé cet été. Il reste maintenant à entamer la réhabilitation de la friche Porcher.

Cibox espère lancer son atelier 3 R
Une image de synthèse qui montre ce à quoi pourrait ressembler la future usine Cibox de Revin. (Crédit : P. Rémy)

Un million d’euros. C’est l’aide que l’Etat vient d’attribuer en plus des 800 000 euros déjà accordés par la Région Grand Est à la société Cibox dans le cadre du plan France Relance destiné à aider les investissements d’équipement de production. Spécialiste de la mobilité électrique, Cibox, entreprise côtée en bourse depuis 1996, entend relocaliser dans les Ardennes, une fabrication jusque là effectuée en Roumanie. Elle a choisi pour cela le site de la friche Porcher à Revin afin d’y créer une entreprise de vélos, trottinettes et vélos cargos à assistance électrique. L’activité doit normalement générer une centaine d’emplois à son démarrage et 350 à terme.

Propriétaire du long bâtiment bleu, la communauté de communes Ardennes Rives de Meuse s’active actuellement à préparer le terrain à Cibox en essayant de respecter le planning prévu en juillet dernier par le porteur de projet. La première étape consiste à déménager l’actuel atelier 3R (réparation, reconditionnement, recyclage) d’Alfortville à Revin dans les anciens locaux d’ACDL. 900 m² où une première équipe d’une trentaine d’ouvriers devrait être à pied d’œuvre en novembre. Par la suite, la « comcom » s’attachera à réhabiliter complètement le « squelette » où les Cycles Mercier avaient prévu de s’installer avant une volte-face de l’Etat.

Fort soutien des pouvoirs publics

Le 1er août, Ardennes Rives de Meuse a lancé officiellement l’appel à candidatures du cabinet d’architectes. D’autres appels d’offres suivront dans les prochaines semaines sur deux lots : la couverture, le bardage extérieur et l’aménagement intérieur du bâtiment de 12 000 m² (11,2 M€ de travaux) et la voirie et les réseaux divers (2,4 M€ de VRD). Durant l’été, Bernard Dekens et son équipe, ont dressé le plan de financement.


>LIRE AUSSI : CIBOX s’installe à Revin dans les Ardennes


En plus des 3,7 M€ de fonds friches de l’Etat et des 2,3 M€ de la Région Grand Est sanctuarisés sur le bâtiment et les 8 M€ financés par des emprunts communautaires et Cibox (270 000 € hors taxes de loyers annuels), Ardennes Rives de Meuse engagera 2,3 M€ d’autofinancement. Soit un total de 50 % sur un investissement global de 16 M€. Cibox dégagera pour sa part une enveloppe supplémentaire de 8 M€. Pour ce projet d’ampleur, la collectivité locale envisage, par ailleurs, de créer un poste exclusivement dédié à ce dossier. Enfin, une société publique locale (SPL) immobilière sera lancée à la rentrée pour le portage de l’opération et le lancement des travaux.

Le directeur du site déjà nommé

Espérant entrer dans le vif du sujet en 2023 par l’installation des machines au sein d’un outil de production ultra moderne et très automatisé appelé à entrer en phase d’activité en 2024, Georges Lebre, le Pdg de Cibox, travaille actuellement aux derniers détails du cahier des charges et s’apprête à enclencher la partie environnementale par le biais de l’ICPE. En juillet, il a aussi bouclé la contractualisation de l’arrivée du futur directeur du site qui prendra ses fonctions à Revin à la mi-octobre. Il s’agit de Stéphane Dehasseleer qui œuvre depuis longtemps dans le secteur industriel. Il occupe encore un poste de directeur de production au sein d’un groupe métallurgique de renom. « Dès que l’ancien bâtiment Porcher pourra nous être livré, on s’organisera pour y introduire les machines et passer des tests avant d’assurer la mise en production en 2024 et le recrutement d’une centaine de personnes après un an d’exploitation. »

Malgré un contexte économique compliqué, Georges Lebre affiche son optimisme pour la suite des évènements. « La situation du moment démontre que notre idée d’avoir notre propre outil industriel sans passer par la sous-traitance était bonne. On aura ainsi la charge de la gestion en plus e la maîtrise de l’activité sur l’approvisionnement de composants et la production. Et puis d’ici 2024, la conjoncture sera peut-être moins tendue. De toute façon, la demande pour les mobilités douces est telle en France et en Europe que nous sommes convaincus de la crédibilité du projet. Les gens ont fait du vélo et de la trottinette électrique une forte option d’achat. À une période où le coût d’utilisation des voitures continue à augmenter, nos produits constituent une alternative intéressante à tous points de vue. »

Pascal Remy