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130e année

Cabaret vert : 8,5 M€ pour une édition charnière

Événement. Après deux années d’absence en raison du Covid, le Cabaret vert veut faire un retour remarqué à Charleville-Mézières, espérant attirer 120 000 spectateurs sur une durée de cinq jours.

Le festival ambitionne d'atteindre 120 000 festivaliers en cinq jours
Le festival ambitionne d’atteindre 120 000 festivaliers en cinq jours (Crédit : Cabaret Vert)

Cette année encore, la programmation du Cabaret vert, dense et multidisciplinaire a de quoi attirer différents publics avec sur scène, un line up musical de plus de cent artistes (voir programme ici) mais aussi dans les allées et la ville, 80 auteurs de BD, une petite dizaine de compagnies d’arts de rue, la diffusion de 300 courts métrages dans deux salles de cinéma et huit tables rondes !

« Pour nous, il était important de revenir fort avec un contenu très punchy de manière à relancer la dynamique », souligne Julien Sauvage, directeur et fondateur du festival. « On peut parler d’année charnière en évoquant cette 17e édition, car nous sommes conscients d’arriver au bout d’un cycle en termes de modèle économique. Nous sommes d’ailleurs en train de réfléchir à l’agrandissement du cadre du festival pour améliorer la qualité d’accueil du public, le rentabiliser en augmentant sa fréquentation et attirer des artistes encore plus renommés », poursuit-il, cherchant encore à réduire les effets négatifs du gros déficit enregistré en 2018, pas comblé par le succès record de l’édition 2019 (100 000 festivaliers sur quatre jours). « On a encore quelques jokers à utiliser », révèle Julien Sauvage, conscient du difficile challenge à relever « quand il faut atteindre 95% de taux de remplissage pour être bénéficiaire ».

Combler le déficit de 2018

La marge d’erreur est donc vraiment faible pour pérenniser ce rendez-vous emblématique doté d’un budget de 8,5 millions d’euros, qui, heureusement, peut compter sur l’autofinancement (73% via la billetterie, la restauration, la boisson et le merchandising) et le partenariat privé (17%) avec le soutien de 500 acteurs économiques qui, outre 800 000 euros d’apports en nature, injectent 1,3 million d’euros. « On est hyper fiers de ce résultat qui, en termes d’image, montre toute la légitimité et l’ancrage territorial du festival. » Sans oublier les fonds publics standards qui représentent 7% du budget (moins de 500 000 euros) à travers les subventions allouées par la Région Grand Est, la Ville de Charleville-Mézières, Ardenne Métropole (160 000 euros chacune) et le Département (59 500 euros). « Pourtant, quand on regarde dans le rétroviseur, on se rappelle que l’on est parti, en 2003, avec 400 euros en créant une association à but non lucratif. Atteindre aujourd’hui, un tel budget, c’était à l’époque, inenvisageable ».


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Développant le chemin parcouru, Julien Sauvage annonce ainsi : « On vient aussi d’enregistrer d’autres subsides. Comme l’obtention d’un Fonds européen, la création par le ministère de la Culture d’un fonds spécifique pour les festivals et la naissance du Centre national de la musique, bras armé de l’Etat dans la relance de notre filière qui va nous permettre de toucher un supplément exceptionnel de 400 000 euros. Enfin, nous bénéficions aussi d’un coup de main de sociétés parapubliques ou civiles ».

Ces bonnes nouvelles sont toutefois entachées par le doublement du budget assurance qui atteint cette année, les 150 000 euros. Nouveauté pour l’édition 2022, le décalage d’une scène hors de la zone habituelle, qui sera aménagée aux abords de l’entreprise Ardenne Equipment. « Nous avançons un peu dans l’inconnu », reconnait Julien Sauvage. Car pour prendre possession de ce site, il va falloir passer par la création d’un nouveau chemin et la pose d’un pont qui enjambera la Meuse environnante, sur 50 mètres de long sur des zones protégées. Mais le créateur du Cabaret vert n’en est pas à son premier coup d’essai en matière de nouveauté. C’est aussi, au fil des ans, ce qui a fait entrer le petit festival ardennais, dans la cour des grands...

Pascal Remy