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130e année

Un contrat spécifiquement destiné au « Canal des Ardennes »

Tourisme. Plus de 33 millions d’euros seront injectés dans ce contrat Canal des Ardennes afin de garantir le maintien de la navigation et de mettre en place différents projets.

Le linéaire de voie d’eau concerné par la portée du contrat regroupe le canal des Ardennes (88 km), le canal latéral à l’Aisne (18 km) de Vieux les Asfeld à Berry au Bac, l’embranchement de Vouziers (12 km), à partir de Semuy. (Crédit : DR).

Portées par une forte dynamique autour des itinéraires touristiques fluviaux et cyclables, plusieurs collectivités et l’Etat ont décidé de mobiliser près de 33 millions d’euros sur dix ans pour revitaliser le canal des Ardennes. Traversant 39 communes, le canal des Ardennes s’étend sur un linéaire de 88 km entre la halte fluviale de Pont-à Bar à Dom-le-Mesnil (où Ardennes Nautisme propose des locations de bateaux et dispose d’une station de carburant) et Vieux-les-Asfeld. Un tracé comptant 47 écluses et 44 maisons éclusières sur lequel on comptabilisait en 2017, 609 passages de bateaux de plaisance et 29 bateaux de commerce.

Reliant le bassin de navigation de la Meuse à ceux de l’Oise, de l’Aisne et de la Seine, cette voie d’eau traverse cinq territoires du département des Ardennes (Ardenne Métropole, les Portes du Luxembourg, les Crêtes Préardennaises, l’Argonne Ardennaise, le Pays Rethélois) ainsi que la Champagne Picarde. C’est un maillon indispensable qu’il fallait entretenir et valoriser à travers un certain nombre d’aménagements.

L’ENGAGEMENT FORT DES COLLECTIVITÉS

Les différents acteurs directement concernés par cet axe fluvial ont acté le 20 juillet une étape significative afin de revitaliser une infrastructure abandonnée et même menacée ces dernières années par Voies Navigables de France au point d’inquiéter les élus locaux.

Plus de 33 millions d’euros seront donc injectés dans ce contrat Canal des Ardennes afin de garantir le maintien de la navigation et de mettre en place différents projets.

Boris Ravignon, président d’Ardennes Métropole et vice-président de la Région Grand Est, a mis l’accent sur le bon fonctionnement de l’action partenariale dans ce dossier. « C’est un acte extrêmement important, car ce canal est un atout indéniable d’attractivité touristique. En identifiant le potentiel de cet axe fluvial, la Région Grand Est a montré toute sa force de frappe dans ce dossier en assurant la moitié de l’investissement (15, 6 millions d’euros). Sans cela, on serait aujourd’hui en train de pleurer sur la fermeture de la navigation sur ce canal. 30% de la somme investie sera partagée entre le département et les intercommunalités qui assument donc une grosse partie de la dépense. Le reste étant à la charge de l’Etat via VNF (20%) ».


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Avant de conclure sans faire dans la nuance : « La note de 15,6 millions d’euros est tout de même lourde et nouvelle pour les collectivités locales sollicitées. On espère qu’on aura un vrai changement d’approche de la part de VNF et que, désormais, on discutera beaucoup plus facilement avec cette structure sur la valorisation touristique et le devenir des maisons éclusières. Bref, on souhaite que ce contrat n’améliore pas seulement la navigation fluviale mais ouvre une nouvelle ère dans nos relations avec Voies Navigables de France ».

Opérateur national du réseau fluvial, VNF prendra pour sa part en charge 100% des moyens de fonctionnement et d’investissement nécessaires à la gestion hydraulique ainsi qu’à l’entretien des ouvrages liés au domaine public fluvial. Soit une somme supplémentaire de 17,1 millions d’euros.

Ce qui fait dire à Alain Bucquet, le préfet des Ardennes. « C’est une très belle opération qui va permettre de renforcer l’attrait touristique du département en accueillant plus de personnes extérieures sur ce cours d’eau qui, ne l’oublions pas, est connecté à l’Europe du Nord. Ce canal c’est à la fois une ressource en eau, ce qui est un sujet capital pour demain, et une partie du patrimoine touristique local ».

Les intercommunalités sont d’ores et déjà appelées à identifier des projets supports et faire émerger des activités de loisirs nautiques à proximité de l’endroit (paddle, wakeboard, pédalo, base nautique, baignade...) et sur les berges (véloroutes, voie verte, etc.).

Pascal Remy