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130e année

Reims 2028 : l’audace d’un projet « inattendu »

Culture. Une vision innovante de la culture confère au projet Reims 2028 un caractère inattendu qui place la Cité des sacres en bonne position dans la course au label Capitale européenne de la culture.

Europe - Reims 2028 - Capitale - Candidature
Christophe Mahuet, maire d’Auménancourt, Eléonore Assante Di Panzillo, directrice générale de Reims 2028, Arnaud Robinet, président de Reims 2028, devant la maquette d’une des futures « cabanes de chantier » qui établiront une relation directe avec les territoires. (Crédit : Jacques Rivière).

La candidature de Reims au titre de Capitale européenne de la culture en 2028 est-elle assez médiatisée à l’échelle du territoire ? Poser la question revient à y répondre. La faute, peut-être, à un projet d’envergure qui n’est pas facile à expliquer ou à décliner. Mais qui se met progressivement en place. Car, ainsi que l’expliquait Arnaud Robinet, maire de Reims et président de Reims 2028, lors d’une conférence de presse à Auménancourt, le « sens » du projet Reims 2028 se fonde sur l’article 27 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, stipulant que « toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent ».

À ce titre, l’inclusion de l’ensemble de la population dans la réalisation de ce projet fédérateur et humain, urbain et rural, est un objectif essentiel. Un objectif qui a commencé, depuis décembre 2021, par la mise en place de 14 Maisons de concertation citoyenne, au sein desquels la démocratie participative a permis de faire émerger quelque 150 projets pour 2028. Des projets qui s’implanteront, physiquement, sur le territoire dès 2024.


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Parallèlement, des « cabanes de chantier » conçues avec le concours de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design du Grand Reims, seront disposées, dès l’an prochain, de façon itinérante dans les quartiers rémois, dans le Grand Reims, et dans le réseau des villes partenaires en région. Elles seront autant de lieux d’écoute des habitants pour qu’ils contribuent à enrichir le dossier Reims 2028.

BIEN DES CHOSES A RACONTER A L’EUROPE

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que le projet global Reims 2028 revêt, aux yeux des observateurs, un caractère « inattendu ». Ainsi, lorsque l’équipe s’est rendue à Bruxelles, fin mai, pour présenter les grandes orientations de la candidature à un aréopage d’élus européens et recueillir leur avis, ces deniers s’attendaient à ce qu’on leur parle champagne, Unesco, cathédrale, Rois de France…

Mais pas forcément Maisons de concertation citoyenne et « cabanes de chantier ». Et ils ont admis que Reims a bien des choses à raconter à l’Europe, que ses concurrentes n’ont pas : la reconstruction après la Première Guerre mondiale, l’Art déco, la réconciliation franco-allemande (dont l’esprit interpelle à l’heure d’une guerre sur le sol européen).

Voilà comment un projet « inattendu », portant une vision innovante de la culture, mâtinée d’économie, de social, d’urbain, devra produire des effets en 2035 ou 2038 et faire ainsi prendre à Reims 10 ans d’avance grâce à cette candidature. C’est ce qu’il faut maintenant faire comprendre à l’ensemble des acteurs du territoire concerné. Loïc Magnant, directeur artistique général de Reims 2028, estime que Reims est aujourd’hui « bien placée » parmi les 9 villes candidates pour être présélectionnée parmi les 3 ou 4 qui accèderont au second tour pour la désignation de la ville élue. Premier élément de réponse en mars 2023.

Jacques Rivière