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129e année

Le Préfet défend l’action de l’Etat dans les Ardennes

Collectivités. Alors que l’Etat avait été l’objet de nombreuses critiques suite au fiasco de l’implantation des Cycles Mercier à Revin, Jean-Sébastien Lamontagne a tenu a déminer le terrain en rappelant les efforts menés en faveur du département sur divers fronts.

Le préfet des Ardennes est passé à l’offensive lors de sa rentrée devant les médias.

En dépit de l’épisode malheureux et regrettable qui a conduit à la disparition du projet Mercier, l’Etat ne se désengage pas du territoire, il est bien là. Et comme il l’a promis, il maintiendra les montants des subventions (800 000 euros du dispositif « Territoires de l’industrie » et 4,3 millions d’euros au titre du fonds « friches industrielles ») qui devaient initialement être déployées au profit du site revinois et versées pour l’implantation des Cycles Mercier. « L’Etat a été clair sur ce point et il tiendra et respectera ses engagements ». Tel est le premier message porté par le Préfet des Ardennes lors de son point presse de rentrée sous forme de moments d’échanges. La page du dossier Mercier étant donc définitivement tournée, il faut maintenant se projeter sur l’avenir.

« Nous allons y travailler en lien avec la Région qui a la compétence économique et la communauté de communes Ardennes Rives de Meuse, propriétaire de la friche Porcher pour privilégier l’arrivée d’un autre projet industriel sur le secteur de Revin qui est en haut de la pile et sera donc prioritaire. L’Etat est en tout cas motivé et mobilisé pour trouver une ou des solutions alternatives ». À la manoeuvre, la ministre de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, rencontrera prochainement les élus locaux à son cabinet et fera tout pour attirer des investisseurs français ou étrangers avec l’aide des deux principaux opérateurs nationaux, Business France et la Banque Publique d’Investissement, qui prospectent déjà activement. La friche Oxame pourrait être comprise dans un futur plan. Revenant sur les raisons ayant amené l’Etat à cette volte-face, Jean-Sébastien Lamontagne n’épilogue pas.

« L’Etat est en tout cas motivé et mobilisé pour trouver une ou des solutions alternatives »

« Je n’ai pas eu accès à tous les détails, mais par principe, je fais confiance aux services dont la mission est de défendre l’intérêt du pays. Et nos administrations ont recueilli suffisamment d’éléments pour décider de stopper les choses. Un certain nombre de problèmes ont été décelés avec le porteur de projet qui n’aurait pas respecté des droits de douane et d’impôts ». Le refus de soutenir Jean-Marc Seghezzi est donc totalement assumé par l’Etat. Questionné sur le dossier Cevital (1000 emplois annoncés sur le site de PSA aux Ayvelles), le Préfet a eu cette réponse. « À ce jour, on ne m’a pas fait état de nouvelles discussions. Ce projet a été boulé parce que l’engagement financier de l’industriel était insuffisant pour permettre à la Bpifrance de l’accompagner ».

276 millions d’aides au titre du plan de relance

Pour montrer que l’action de l’Etat ne se dément pas dans les Ardennes, son représentant a mis l’accent sur plusieurs réussites. « Si la reprise est là dans les Ardennes et que le taux de chômage baisse, c’est aussi parce que 91 millions d’euros d’aides ont été accordées à toute une panoplie de projets relatifs à la compétitivité des entreprises locales (22 millions), à la transition écologique (49 millions) et à la cohésion sociale et territoriale (20 millions) ».

Récemment, trois nouveaux lauréats ont encore été soutenus dans le cadre du plan France Relance. Il s’agit d’ Espace Habitat pour la reconfiguration de logements et la création de 125 studios à Charleville-Mézières (1 155 000 euros d’aides), de l’entreprise Aliane (à Pauvres) pour un plan en faveur de l’indépendance proténique (1 253 000 euros) et des communes de Coucy et Lucquy pour la création d’un réseau d’eau et la modernisation de stations d’assainissement (2, 976 M€). En un an, le département aura, au total, bénéficié de 276 millions d’euros du plan de relance, en plus des 185 millions d’euros versés au titre des aides aux entreprises durant la pandémie sanitaire via l’activité partielle, la baisse des impôts de production et le fonds de solidarité.

On comprend que le Préfet a été piqué par les remarques acerbes ayant suivi le désengagement de l’Etat dans le dossier revinois. Le Pacte Ardennes a, par ailleurs, accéléré ce mouvement en poursuivant sa mise en oeuvre. 99 fiches action ont été achevées ou sont en cours de réalisation. Soit 150 millions d’euros d’investissements engagés auxquels l’Etat a pris part à hauteur d’un tiers.

Sécurité et situation sanitaire

Evoquant ensuite le domaine de la sécurité, Jean-Sébastien Lamontagne a rappelé le renforcement des effectifs policiers intervenu en septembre à Charleville-Mézières. « 15 des 16 nouveaux policiers sont arrivés. Du jamais vu en terme quantitatif. C’est tout sauf anodin. Cela prouve en tout cas notre volonté d’engager davantage de moyens en direction des collectivités ». Un contrat de sécurité intégré sera prochainement signé avec à la clé une probable visite ministérielle. Le Préfet souhaite une action conjointe des policiers municipaux et nationaux dans la lutte contre les rodéos motorisés qui sont une plaie pour les habitants.

Concernant la situation sanitaire « stabilisée avec un taux d’incidence à un niveau raisonnable et beaucoup de vaccinations », le Préfet, malgré ces motifs de satisfaction a poussé la population locale à « une nécessaire vigilance et à ne pas sombrer dans l’euphorie ». Il conseille donc à tous de ne pas baisser la garde dans un contexte de rentrée scolaire, de reprise de la vie associative et de tenue d’un certain nombre de grands événements populaires (foire de Sedan et festival mondial des marionnettes) amenant un brassage important de populations.

« Les gestes barrières ne doivent pas quitter nos esprits. Ce doit être un réflexe naturel pour tous de se protéger et de protéger les autres ». D’autant que la pandémie perdurait à la rentrée avec 14 classes de 12 établissements scolaires fermées dans les Ardennes pour des cas de Covid 19.

Pascal Remy