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130e année

Le label bas carbone sous les projecteurs

Environnement. Passer du virtuel au concret, avec le label Bas-carbone au service de la transition durable des filières agricoles, l’exercice proposé par l’Association Planet A, n’était pas évident. Les perspectives, les acteurs et les financements, avec des experts et des agriculteurs, sur base d’expériences et d’attentes ont été abordés lors d’une conférence. Loin de l’écologie politique, Planet A a fait le choix du sérieux.

Le label bas carbone sous les projecteurs
Acteurs et experts se sont succédé lors de la conférence de Planet A. (Crédit : G. Delenclos)

Mis en place par le Ministère de la Transition Ecologique en 2019, le label Bas-carbone est la première certification climatique volontaire en France. Le label est une manière de compenser les émissions carbones rejetées par les secteurs les plus polluants, une certification qui incite le développement de projets vertueux, pauvres en CO². Il a pour objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Il récompense les acteurs de la lutte contre le changement climatique et cherche à impliquer toute la société pour tendre vers une économie bas-carbone.

Les deux actions principales annoncées et requises de cette politique sont : réduire et éviter les émissions de gaz à effet de serre (GES) en changeant les pratiques des secteurs d’activité polluants et augmenter le stockage des émissions de CO² dans les puits naturels (sols et biomasse, notamment). En plus des questions climatiques, le label Bas-carbone garantit que les projets n’impacteront pas négativement les enjeux socio-économiques et environnementaux.
Les projets labellisés doivent être locaux, vertueux et respectueux de l’intégrité environnementale. Ils peuvent avoir des impacts positifs sur la biodiversité, la santé, l’emploi, la qualité de l’air, de l’eau et celle des aliments.

Un label au service des filières agricoles

« Le label Bas-carbone, un outil au service de la transition pour les filières agricoles. Quelles perspectives ? Quels acteurs ? Quels types de financements ? », ce sujet complexe a été le thème d’une des animations de l’Association Planet A, un rendez-vous studieux qui a réuni les témoignages de Sébastien Roumegous, Fondateur de Biosphère, Éric Ceschia, Directeur de recherche au Cesbio (INRAE) et Benoit Watrin, agriculteur, et les propositions d’offres de services de France Carbon Agri et Terraterre, Bioline Solutions, Groupe Invivo, Carbon et Co, Carbone Farmers et Sysfarm.


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En s’intéressant à l’agriculture, Planet A cible dans cette conférence le troisième secteur national le plus émetteur de dioxyde de carbone. Selon le rapport 2019 du CITEPA, Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique, les parts d’émissions sont les suivantes : 29% pour les transports, 20% pour les bâtiments (résidentiel et tertiaire), 19% pour l’agriculture, la sylviculture et la gestion des sols, 18% pour l’industrie manufacturière, 11% pour la transformation des énergies et 3% pour les déchets. Les émissions de GES sur le territoire national sont à distinguer de l’empreinte carbone qui, elle, tient compte des importations. Dans le détail des activités, les principales sources de GES en France sont les voitures particulières (15,7%), le résidentiel (11,7%), l’élevage (9%), le tertiaire (8%), les cultures agricoles (7,8%), les poids lourds (6,8%), les véhicules utilitaires (5,8%), la production d’électricité (5,4%) ou encore la chimie (4,7%). La France ne pèse que 1% des émissions de GES, 25 fois moins que la Chine et 15 fois moins que les USA.

L’engagement du Grand Est

Le label bas-carbone est aussi un marché. En réduisant au maximum leurs émissions de GES, face à des émissions résiduelles, les entreprises peuvent compenser cette phase incompressible en soutenant des projets de protection climatique validés. Le marché des crédits carbone met en ainsi relation des porteurs de projets et des acteurs privés ou publics, capables de financer ces projets.
Si l’agriculture, maillon essentiel de la stratégie neutralité pour les pouvoirs publics, est accompagnée par les plans d’investissement nationaux comme France Relance et France 2030, le Grand Est s’est engagé lui aussi dans cette voie en votant le programme Ferme Laitière Bas-carbone, en Avril dernier, programme accompagnant 40% des éleveurs régionaux d’ici à quatre ans. Signée à la Foire de Châlons-en-Champagne, la Convention Virage, entre l’Etat, la Région et la Chambre Régionale d’Agriculture du Grand Est, destine 1,3 M€ aux filières agricoles spécialisées (fruits et légumes, houblon, horticulture et viticulture). Un exemple parmi d’autres dans cette politique régionale en faveur d’une agriculture bas-carbone.

L’agriculture régionale vit aujourd’hui cette transition au niveau des diagnostics engagés : l’état des lieux, ce qui est faisable, avec qui et à quel prix ? Au rang des questions : comment passer du marché international de la compensation carbone au marché local et surtout comment adhérer aux appels à projets parfois très techniques. Il fut question de tout cela lors de cette conférence de Planet A. Le sujet, les études, les expériences, tout cela vécu hors de l’écologie politique. Donc, dixit l’animation de la conférence, du sérieux.

Gérard Delenclos