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130e année

La Banque de France rassurante pour l’avenir économique de la France

Finances. Entre la stabilité à fin 2022, évoquée par Louis Retornaz pour le Grand Est et vivement 2024, dans la projection au niveau national esquissée par Guy Lévy-Rueff, la Banque de France présente à ses clients une vision plutôt optimiste de la situation économique actuelle et de son devenir à l’horizon 2024.

La Banque de France rassurante pour l'avenir économique de la France
Guy Lévy-Rueff, Directeur conjoncture et prévisions Banque de France : « La résilience en 2022 va servir la croissance en 2024 ». (Crédit : G. Delenclos)

L’échantillon de l’enquête de la Banque de France porte sur 27 830 entreprises du Grand Est (3 388 pour la Marne) ayant déjà été prises en compte en 2020 et 2021. Quatre grands secteurs y sont distingués : l’industrie (17,2% du nombre total d’entreprises), la construction (17,7%), les services marchands (29%) et le commerce (36,1%). Les parts du chiffre d’affaires de ces secteurs sont de 40,7% pour l’industrie, 39,3% pour le commerce, 12,2% pour les services marchands et 7,7% pour la construction.

En 2021, le chiffre d’affaires de l’échantillon Grand Est a progressé de 11% (+12,3% pour la Marne). Par secteur, la progression de l’industrie (+13,5% en région et + 17,6% dans la Marne) est la plus forte. Elle devance celle de la construction (+ 11,2% et + 12,3%), celle du commerce (+9,6% et +8,6%) et celle des services marchands (+6,2% et + 10%). Cette embellie de l’activité économique s’est réalisée avec une faible augmentation des effectifs (+1,3% dans le Grand Est et +0,3% pour la Marne). Les effectifs dans la Marne sont en baisse dans l’industrie et les services marchands.
La croissance de 2021 a effacé le recul de 2020. Comparée à 2019, l’évolution régionale constatée dans l’ensemble des quatre grands secteurs est de 2,5% pour le chiffre d’affaires (mais, -3,1% pour les services marchands), 0,8% pour les effectifs (-1,6% cependant dans l’industrie) et 3,6% pour les résultats. C’est dans l’industrie (+4,5%) et les services marchands (+4,3%) que les résultats ont le plus progressé.

La stabilité, majoritairement citée pour 2022

Pour l’ensemble des secteurs, les chefs d’entreprise du Grand Est prévoient majoritairement une stabilité pour le bilan 2022 : à 45% pour l’état de leurs carnets de commandes, à 37% pour le chiffre d’affaires, à 80% pour les délais clients et à 54% pour leur trésorerie. Ils sont 40% a prévoir une amélioration des carnets de commandes, 46% une amélioration du chiffre d’affaires, 5% seulement une amélioration des délais clients et 22% une amélioration de leur trésorerie. Pour l’ensemble de l’échantillon, 54% des dirigeants prévoient une stabilité de la trésorerie (52% dans l’industrie, 51% dans les services, 55% dans le BTP et 56% dans le commerce). 22% des entreprise misent sur une amélioration de ces trésoreries (21% dans l’industrie, 25% dans les services, 20% dans le BTP et 22% dans le commerce).

Fluctuations des prévisions et progression de l’intérim

Entre les prévisions de fin 2021 et celle de la mi-année 2022, la croissance d’activité s’infléchit dans l’industrie du Grand Est, passant de +13,6% à +12,8%, avec des effectifs prévus de +1,7% à +0,4%. Cette dernière estimation repose sur un appel significatif au travail intérimaire (de +6,8% à +10%). Les hausses de chiffre d’affaires viennent plutôt de la hausse des prix que de celle des volumes. Côté rentabilité et investissement, c’est la stabilité qui s’impose (respectivement (55% et 47% des réponses).


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Pour les services marchands, la stabilité est donnée à 70% pour la rentabilité et à 71% pour les investissements. Le chiffre d’affaires passe de +4% à +5,1% et les effectifs seraient en baisse, malgré une augmentation du travail intérimaire. La construction est plus optimiste qu’à fin 2021 quant à son activité qui devrait s’appuyer sur une forte hausse de l’intérim (de -1,6% à +4,3%). Au final de sa présentation, le Directeur départemental Marne de la Banque de France, a évoqué l’état des crédits mobilisés par les entreprises à fin juillet 2022 : 1 260 Md€ (+6,2%) pour la France, 83 Md€ (+5,1%) pour le Grand Est et 16 Md€ (+5,5%) pour la Marne. Louis Retornaz, enfin, a révélé une certaine sobriété des Marnais en matière de crédits aux particuliers. C’est le cas pour les crédits à la consommation qui voient leur volume baisser de 0,4% dans la Marne, alors qu’ils augmentent dans le Grand Est (+1,5%) et au niveau national (+3,8%). Les crédits à l’habitat connaissent dans la Marne une progression (+5,9%), quasi comparable à celle du niveau national (+6,4%).

Parole de Banque de France : « Vive 2024 »

Résilience en 2022, ralentissement en 2023 et rebond en 2024, voici donc les trois temps de l’exposé « Situation économique, perspectives et enjeux » du Directeur de la conjoncture et des prévisions macroéconomiques de la Banque de France, qui pose ainsi sa démonstration : un PIB de +2,6% en 2022 à +1,8% en 2024, une inflation de 5,8% en 2022 à 2,7% en 2024. Pour Guy Levy-Rueff, la résilience de 2022 va servir la croissance de 2024 : « A travers ces trois années, l’économie française montrerait une résilience de l’emploi, du pouvoir d’achat des ménages et du taux de marge des entreprises. Au-delà des variations de court terme, chacune des trois variables serait en 2024 meilleure que dans la situation pré-Covid ».

Gérard Delenclos