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130e année

L’Aisne regarde vers l’Ouest

Emploi. Qualifiée de « chantier du siècle », la construction du Canal Seine-Nord Europe (CSNE), qui doit relier Compiègne (Oise) à Aubencheul-au-Bac (Nord) en 2030, constitue une formidable opportunité d’emploi dans les Hauts-de-France.

L'Aisne regarde vers l'Ouest
En 2030, le bassin-versant de la Seine sera relié à l’Escaut et le réseau fluvial français sera connecté aux 20 000 kilomètres de voies navigables européennes. (Crédit : SCSNE)

C’est sans conteste l’un des plus grands chantiers français de travaux publics à venir. Après avoir lancé les opérations d’archéologie préventive l’an dernier, la Société du Canal Seine-Nord Europe (SCSNE) s’apprête à donner les premiers coups de pioche du rescindement de l’Oise, entre Compiègne et Passel. Dans huit ans, le bassin-versant de la Seine sera relié à l’Escaut et le réseau fluvial français sera connecté aux 20 000 kilomètres de voies navigables européennes par un canal à grand gabarit de 107 kilomètres de long, de 54 mètres de large et de 4,5 mères de profondeur. Un chantier titanesque estimé à quelque cinq milliards d’euros qui doit permettre la navigation d’automoteurs de 185 mètres, de transporter 15 millions de tonnes de marchandises par an et d’éviter la circulation d’un million de camions sur les routes.


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Le « chantier du siècle » va mobiliser, au plus fort des opérations, près de
6 000 personnes afin de réaliser l’excavation à travers le territoire de 64 communes du nord de la France et de construire les sept écluses, les trois ponts-canaux - dont l’un « hors-norme » de 1 330 mètres pour le franchissement de la Somme - ou encore les 62 ouvrages d’art destinés à la circulation routière ou ferroviaire. Entre 2023 et 2030, ce ne sont pas moins de 3 000 d’emplois qui vont être créés. Co-pilotée par l’État et conseil régional des Hauts-de-France, la « Démarche grand chantier » « associe les partenaires locaux de l’emploi, de la formation, de l’insertion et du développement économique ». Limitrophes, les bassins de vie de Soissons, de Tergnier-Chauny-La Fère et de Saint-Quentin y voient une formidable opportunité de recrutement alors que le taux de chômage s’établissait encore à 10,7 % dans le département, au premier trimestre.

L’insertion professionnelle sollicitée

La SCSNE s’est engagée, par ailleurs, auprès de six conseils départementaux, dont celui de l’Aisne dès janvier, dans le cadre du dispositif « Canal solidaire » avec l’objectif de « faire profiter les personnes éloignées du monde du travail des opportunités locales d’emploi et de formations offertes par la réalisation du canal ». « La Clause d’insertion par l’activité économique (CIAE) du canal est une opportunité supplémentaire pour les entreprises de trouver du personnel, notamment sur les métiers en tension. C’est également la possibilité d’accompagner des personnes dans leur parcours de réinsertion professionnelle », précise la collectivité territoriale axonaise. Ainsi, c’est l’équivalent de 300 à 600 équivalents temps plein (ETP) qui sont réservés aux personnes en insertion sur des postes aussi divers que ceux d’ouvriers spécialisés en voirie ou en espaces verts, de conducteurs d’engins, de coffreurs, de ferrailleurs ou de constructeurs de routes.

Stéphane Bourdier