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130e année

Avec les Assises de l’Eau, la Région se mobilise

Transformation. Mobilisation régionale pour généraliser les pratiques et les dispositifs d’économie dans les entreprises et les collectivités du Grand Est.

Pour Jean Rottner, même si la ressource en eau est abondante dans le Grand Est, il est plus que temps de réagir. (Crédit : Laurent Locurcio).

« Même si le Grand Est est un véritable château d’eau, situation enviable par rapport à bien d’autres régions, il faut se réveiller avant qu’il ne soit trop tard pour préserver cette ressource fragile », alerte Jean Rottner. Pour le président de la Région Grand Est, si nous avons davantage de temps avant les risques de panne sèche grâce à cette abondance actuelle, il faut dès maintenant se mobiliser pour généraliser un usage raisonné de cette ressource. Les premières « Rencontres régionales de l’eau du Grand-Est », organisées dans l’Aube, sur les bords du lac de la Forêt d’Orient, ont été en quelque sorte un acte fondateur de cette prise de conscience et de mobilisation des énergies.

« Aujourd’hui, la mobilisation de toutes les énergies est nécessaire pour approfondir les actions engagées et adapter le modèle de gestion durable des ressources en eau aux enjeux d’adaptation au changement climatique », reconnaît Josiane Chevalier, préfète de la région Grand Est. Dans un contexte où les sécheresses à répétition sont les premiers signes évidents d’une tension sur les ressources en eau, comment concilier les usages, par exemple pour l’eau potable et les activités économiques, et la protection des milieux, à commencer par les nappes phréatiques et les cours d’eau ?


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Les experts invités à en débattre au cours de cette manifestation s’accordent sur deux constats. « Nous sommes en train de passer d’une logique de l’eau en abondance à celle de la gestion d’une ressource devenant rare », fait remarquer Marie-Christine Huau, directrice stratégie eau et climat de Véolia Environnement. Preuve en est le projet Jourdain, lancé en Vendée, visant à transformer les eaux usées en eau potable pour pallier le manque de la ressource.

Une première en France mais pas dans d’autres pays où l’on boit les eaux usées recyclées depuis des années. Les entreprises sont aussi en première ligne sur ce dossier.

LE GET ENVIRONNEMENT LANCE

À leur intention, Grand Est Transformation Environnement (GET) a été lancé à l’occasion de ces rencontres. « Il va permettre de faire monter en notoriété les offreurs de solutions, notamment régionaux, et les mettre en contact avec les entreprises et les collectivités », indique Franck Leroy, vice-président de la Région et président de ce GET Environnement qui s’inscrit dans le cadre du Business Act II.

Doté d’un groupe de travail, d’une feuille de route et d’un premier outil, ce GET entend combiner développement écologique et économique, en utilisant notamment les leviers technologiques et d’innovation autour de l’eau, mais aussi de la transition énergétique, de la décarbonation, de l’économie circulaire, du recyclage des déchets par exemple. Le premier outil du GET Environnement est déjà opérationnel. La plate-forme régionale So-Rezo s’adresse aux entreprises qui peuvent y trouver une quarantaine d’offreurs de solutions sur le Grand Est, et en particulier des « greentechs » innovantes.

« La plateforme permet aussi d’accompagner l’intégration de ces solutions au sein des entreprises », précise Jérôme Betton, directeur régional de l’Ademe, à l’origine de cette initiative avec la Région.

La plateforme détaille aussi les aides financières possibles et les contacts. En généralisant les bonnes pratiques en matière d’eau, la tendance peut encore être renversée. À l’horizon 2027, les objectifs régionaux visent aussi à retrouver en bon état 91 % des rivières et 100 % des nappes phréatiques.

Laurent Locurcio