Informations régionales économiques et juridiques
130e année

À Laon, le street art fait désormais partie intégrante du paysage

Culture. Cet été, le chef-lieu de l’Aisne a donné carte blanche à 15 artistes de renom pour créer des œuvres picturales monumentales dans la ville basse, constituant ainsi une déambulation originale au potentiel touristique prometteur.

À Laon, le street art fait désormais partie intégrante du paysage
À l’initiative du festival, Christian Guémy - alias C215 - a créé une fresque monumentale, visible des rues Nestor-Gréhant et Fernand-Christ, rendant hommage aux femmes d’Ukraine. (Crédit : Ville de Laon)

« Tout est beau à Laon, les églises, les maisons, les environs, tout… », écrivait Victor Hugo à son épouse, en quittant la Picardie. Célèbre pour sa cathédrale Notre-Dame dominant la cité médiévale, la ville au plus vaste secteur sauvegardé de France ne s’en repose pas, néanmoins, sur ses seuls atours patrimoniaux pour séduire les touristes. Il y a cinq ans, la mairie s’est engagée dans une démarche culturelle de valorisation de l’espace public qui s’est concrétisée, en juillet et août, par l’organisation de la première édition du festival Arts urbains dédié au street art. À la baguette : un maître du genre, C215.

L’artiste n’en est d’ailleurs pas à sa première collaboration avec la ville puisque cette dernière lui doit notamment la réalisation d’une galerie de portraits de personnages locaux emblématiques. Cette année, la mairie de Laon a vu les choses en grand, en très grand même, puisque 15 street artistes français et internationaux ont investi les quartiers populaires Champagne et Montreuil pour réaliser autant de fresques monumentales. L’initiative n’est pas passée inaperçue chez les connaisseurs des cultures urbaines, Laon s’imposant instantanément comme l’une des places fortes du mouvement pictural.


>LIRE AUSSI : Les Hauts-de-France sont la région avec la plus forte densité d’éoliennes


« Cette expérience nous a permis de franchir un cap vers ce que nous essayons de faire : apporter l’art auprès de tous et faire de notre ville une référence nationale… Je crois au pouvoir fabuleux de la culture sur le bien vivre ensemble, sur l’attractivité de notre territoire, nous l’avons expérimenté avec les habitants de Laon unanimes sur la beauté des œuvres tout au long de ce premier festival des arts urbains », se réjouit Éric Delhaye, le maire de la ville et président de la communauté d’agglomération. Le précurseur Speedy Graphito, l’Américain Logan Hicks ou encore la jeune Chinoise Satr ont ainsi chacun sublimé quelques ensembles immobiliers de façon magistrale.

Un investissement minimal

Au-delà de la dimension artistique, cette première édition entend ancrer durablement la discipline dans l’ADN de la ville, comme le souligne celui par qui tout a commencé. « C’est un petit inventaire pour que les gens soient sensibilisés et que les propriétaires et les bailleurs se disent : l’année prochaine nous aussi il nous faut un mur. Qu’ils puissent se manifester et que l’on puisse continuer l’aventure tous ensemble », précise C215. Entièrement financé par la ville (95 000 euros) et par l’Office public de l’habitat de l’Aisne (25 000 euros), ce festival Arts urbains semble donc destiné à prendre une nouvelle dimension dans les années à venir en faisant appel, dès la prochaine édition, à la participation financière des entreprises locales.

L’office de tourisme du Pays de Laon a, pour sa part, capitalisé sur l’événement en proposant une déambulation à travers la ville pour découvrir ces œuvres. Une manière pertinente de cibler, hors saison, un nouveau public adepte d’un tourisme expérientiel et culturel. Et de donner à la ville basse toute sa place dans l’attractivité du territoire.

Stéphane Bourdier