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130e année

61 millions d’euros d’investissements dans les EnR

Énergie. Après presque sept années d’existence, la Société champenoise d’énergie (SCE) dresse un premier bilan. Et il est éloquent : 17 000 tonnes d’équivalent CO2 économisés grâce au réseau de chaleur et surtout, 61 millions d’euros d’investissements, notamment dans trois projets d’envergure : le réseau de chaleur urbain CLOE, la ferme solaire sur l’ancienne friche militaire Hawk et le parc éolien.

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14 000 panneaux solaires composent le parc solien de la Melette. (Crédit : DR).

Les Châlonnais s’en rendent compte tous les jours avec les nombreux travaux de voirie… leur ville s’équipe d’un réseau de chaleur urbain décarboné, baptisé CLOE, et raccordé à l’usine d’incinération de la Veuve. Ce projet d’envergure est porté à 49% par la Société champenoise d’énergie (SCE), créée en décembre 2015. Cette société d’économie mixte (société anonyme de droit privé dont les actionnaires majoritaires sont des personnes publiques), dont les cinq actionnaires historiques sont la Ville de Châlons (29%) Châlons agglo (18,6%), la Banque des territoires (19,7%), la SEMCHA (société d’Économie Mixte de Châlons-en-Champagne et de l’agglomération châlonnaise) (9,2%) et Total Energies (17,6%) auquel s’est ajouté le SIEM (Syndicat Intercommunal d’Énergie de la Marne) (5,6%), a pour principale mission « de produire autant d’énergie renouvelable qu’on consomme d’énergie fossile », selon les mots de son président, Jérôme Mât.


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Ce sont essentiellement les bâtiments et infrastructures publiques (piscine, palais omnisports, hôpital, lycée, préfecture) qui sont concernés ainsi que les logements sociaux. Et avec l’envol des prix de l’énergie, la décarbonation de la consommation énergétique est plus que jamais d’actualité. « Comparativement au prix du gaz, la consommation avec le réseau de chaleur sera environ quatre fois moins chère », indique Jérôme Mât. Techniquement, le prix de la valeur de la chaleur est fixé par le SYVALOM (syndicat de valorisation des ordures ménagères). Un certain nombre de critères de coûts sont pris en compte pour fixer le prix, dont celui d’amener la chaleur jusqu’aux pieds des immeubles. « Avec la chaleur fatale, nous valorisons jusqu’au bout les déchets, dans une logique d’économie circulaire », confie Stéphanie Baudry, directrice générale.

DES AMÉNAGEMENTS INÉDITS

En cours de construction, le réseau représente la mise aux normes de 33 kilomètres de voiries. Le coût total d’investissement du réseau est de 45 millions d’euros pour la SCE, « une initiative inédite sur le territoire », précise Jérôme Mât qui permet «  non seulement de décarboner l’énergie mais aussi d’asseoir un modèle économique viable, puisque la Société d’économie mixte génère 120 000 euros de retombées fiscales par an, ce qui correspond à la construction de trois terrains de jeux multisports et contribue également à l’emploi sur le territoire, les entreprises intervenant sur les chantiers étant issues à 75% du territoire châlonnais. » Ce dernier est en effet très à la pointe des technologies EnR avec pas moins de 250 emplois qui font partie de cette filière, dans des grandes entreprises telles que Colas ou Silicéo.

Outre le réseau de chaleur, la SCE a également en portefeuille, 2 éoliennes d’une puissance de 6 Mégawatt et un investissement de 10,6 millions d’euros plus une toiture solaire sur les bâtiments techniques de la Ville, avenue Patton. Quant à la ferme solaire de la Melette comprenant 14 000 panneaux solaires sur 4,7 hectares, édifiée sur le site de l’ancienne friche militaire Hawk et mise en service en 2019, elle a une puissance de 4,7 Mégawatt, pour un investissement de 4,7 millions d’euros. Avec du solaire, de l’éolien et un réseau de chaleur fatale, le prochain objectif de la SCE est d’investir dans de l’hydrogène. « Les modalités sont encore en cours de réflexion », glisse Jérôme Mât, mais cela pourrait prendre la forme d’une flotte de véhicules par exemple. L’ambition finale est de décarboner la consommation des 80 000 habitants de l’agglomération châlonnaise à horizon 2030. Aujourd’hui, ce sont 15 000 « équivalents logements » qui ont été décarbonés.

Nastasia Desanti