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130e année

Le Conseil d’Etat protège les paysages du Champagne

Viticulture. Le bras de fer durait depuis près de 8 ans et la mission Coteaux, Maisons et Caves de Champagne aura finalement obtenu gain de cause.

Le Conseil d'Etat protège les paysages du Champagne
(Crédit : B. Busson)

« Nous sommes satisfaits de la décision du Conseil d’Etat qui vient de conclure qu’aucun élément sérieux ne justifie un pourvoi et vient définitivement valider la décision de la Cour d’appel de Nancy de refuser d’autoriser le projet de deux parcs éoliens sur le territoire des communes de Pocancy et Champigneul », a apprécié Pierre-Emmanuel Taittinger, président de la Mission Coteaux, Maisons et Caves de Champagne-Patrimoine mondial. Si la Mission ne se déclare pas opposée au développement de l’éolien - nombre de projets ne suscitent aucune remarque de sa part - elle rappelle qu’elle est chargée, par l’UNESCO, aux côtés de l’Etat, depuis l’inscription des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne sur la Liste du patrimoine mondial le 4 juillet 2015, de veiller à la préservation de l’intégrité et de l’authenticité des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne. Et ce afin d’éviter toute atteinte à la « Valeur Universelle Exceptionnelle » (VUE) leur a été reconnue par l’UNESCO.

Un projet définitivement refusé

C’est donc dans ce cadre, et en relation étroite avec les services de l’Etat, que le conseil scientifique de la Mission a élaboré une Charte éolienne qui fixe les préconisations à respecter afin de concilier le développement éolien avec le respect de l’authenticité et de l’intégrité du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Ces préconisations sont communiquées aux porteurs de projets. Par ailleurs, en complément de la Charte éolienne, les services de l’Etat ont défini une Aire d’Influence Paysagère afin de délimiter avec précision les secteurs dans lesquels toute implantation d’éoliennes, parce qu’elle porterait atteinte à la VUE du Bien, doit être exclue. Le projet en cause se situait dans un secteur d’exclusion.


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Le projet concerné visait un ensemble de treize éoliennes, d’une hauteur maximale de 150 mètres en bout de pale, soit une hauteur supérieure au dénivelé de terrain entre la plaine de la Champagne crayeuse et les plateaux de la Brie. Il aurait instauré une covisibilité avec les coteaux viticoles situés à proximité, portant atteinte à l’intégrité et à l’authenticité du Bien. Après de nombreuses procédures, le Conseil d’Etat a donc rejeté le recours des porteurs du projet en validant définitivement le refus préfectoral pris après l’avis négatif exprimé par la Mission.

Benjamin Busson