Proposition de loi sur la « collectivité unique » : dire la vérité aux habitants du Grand Est et de l’Alsace
Politique. L’adoption de ce texte à l’Assemblée nationale ne doit tromper personne.
L’adoption de ce texte à l’Assemblée nationale ne doit tromper personne. Ce vote ne consacre ni une réforme aboutie, ni une solution crédible pour l’Alsace. Il consacre avant tout un objet de communication politique, porté dans la confusion, au mépris de la stabilité institutionnelle et de l’intérêt des territoires.
C’est pourquoi il faut dire la vérité aux habitants du Grand Est et de l’Alsace. Rien n’est fait. Le texte doit encore être examiné par le Sénat, où Gabriel Attal ne pourra pas compter, cette fois, sur les voix du Rassemblement national. Et surtout, chacun voit bien que ce texte reste, en l’état, largement inconstitutionnel et inapplicable.
On ne peut pas prétendre engager l’avenir de millions d’habitants avec un texte juridiquement fragile, politiquement opportuniste et techniquement impraticable. L’avenir de l’Alsace mérite mieux que ce bricolage.
« Dans une période marquée par les crises, les inquiétudes économiques et les tensions internationales, ouvrir un tel chantier de déconstruction institutionnelle est une faute politique. »
Mais il faut aussi dire une vérité plus profonde encore : depuis dix ans, on ment aux Alsaciens et on les prend en otage pour des intérêts politiciens. Depuis dix ans, certains entretiennent les frustrations, agitent les symboles et vendent des illusions institutionnelles, sans jamais apporter de réponse solide, sincère et applicable. Cette instrumentalisation permanente est irresponsable.
La réalité, c’est que tout le monde a à perdre avec ce texte. Ce texte ne protège aucun territoire : il les oppose, il les divise, il les affaiblit.
Depuis dix ans, la Région Grand Est agit concrètement pour les transports, l’emploi, la formation, l’agriculture, le pouvoir d’achat et l’attractivité de nos territoires. Dans une période marquée par les crises, les inquiétudes économiques et les tensions internationales, ouvrir un tel chantier de déconstruction institutionnelle est une faute politique.
L’Alsace mérite le respect. Et respecter l’Alsace, ce n’est pas lui raconter des histoires. Respecter l’Alsace, c’est défendre ses intérêts réels dans un cadre solide, efficace et conforme au droit.
Ma responsabilité est de défendre tous les territoires du Grand Est, sans les opposer les uns aux autres, et de refuser les manoeuvres qui sacrifient l’intérêt général à l’agitation politicienne.
Aujourd’hui, nous avons besoin de vérité, de stabilité et de responsabilité. Pas de slogans. Pas de faux-semblants. Pas de démantèlement.