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Missions Locales du Grand Est : « Ne faites pas des jeunes la variable d’ajustement des budgets publics » !

Jeunesse. Réunies à Strasbourg, les Missions Locales du Grand Est lancent un appel aux élus : après deux années de baisse des financements, de réduction des effectifs et d’incertitude budgétaire, une nouvelle diminution des moyens mettrait directement en cause leur capacité à accompagner les jeunes du Grand Est.

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Crédit : Christina @ wocintechchat.com / Unsplash

Réunies à Strasbourg, les Missions Locales du Grand Est lancent un appel aux élus : après deux années de baisse des financements, de réduction des effectifs et d’incertitude budgétaire, une nouvelle diminution des moyens mettrait directement en cause leur capacité à accompagner les jeunes du Grand Est.

En deux ans, les Missions Locales du Grand Est ont subi une baisse de près de 13 % des financements de l’État et de 43 % de ceux du Conseil régional. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit désormais une nouvelle baisse de 5 % des crédits de l’État. Dans le même temps, les Missions Locales restent dans l’attente d’une notification de leur niveau de financement régional pour 2026.

80 000 jeunes accompagnés chaque année

Depuis 1982, les Missions Locales accompagnent les jeunes de 16 à 25 ans dans leur insertion professionnelle et sociale. Dans le Grand Est, 43 Missions Locales et plus de 500 lieux d’accueil permettent d’aller au plus près des jeunes et de leur proposer un accompagnement personnalisé : emploi, formation, orientation, santé, logement, mobilité et accès aux droits. Près de 80 000 jeunes sont ainsi accompagnés chaque année. C’est aujourd’hui cette capacité d’action qui est fragilisée.

Trois années de baisse : jusqu’où ?

Si les orientations budgétaires annoncées pour 2027 se confirment, la baisse cumulée des financements de l’État atteindrait 18 %. Du côté du Conseil régional, les Missions Locales ont déjà subi une diminution de 43 % de leurs financements en un an. Plus préoccupant encore : alors qu’elles ont engagé en 2026 des actions à la demande de la Région, elles restent à ce jour dans l’attente d’une décision sur leur financement. Comment demander à un réseau d’assurer ses missions, d’engager des actions et de salarier des professionnels sans lui donner de visibilité sur ses ressources ?

Les financements régionaux représentent en moyenne 10 % du budget d’une Mission Locale. Leur diminution brutale ne peut être absorbée indéfiniment par de simples économies de fonctionnement.

Moins de moyens au moment où les jeunes ont davantage besoin d’accompagnement

Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage des 15-24 ans atteint 21,6 %, contre 8,3 % pour l’ensemble des actifs, et progresse de 2,5 points en un an. Dans le même temps, la détresse d’une partie de la jeunesse s’accentue : un jeune sur deux exprime un fort sentiment d’angoisse face à sa situation actuelle et à son avenir, et plus d’un jeune sur cinq se dit « désespéré ». Les besoins augmentent. Les moyens diminuent. Cette équation ne peut plus tenir.

Les Missions Locales prennent leur part

Les Missions Locales connaissent la situation des finances publiques. Elles ne demandent pas à être exonérées de tout effort. Entre 2024 et 2025, les Missions Locales du Grand Est ont perdu 6,5 % de leurs effectifs, et cette diminution se poursuit en 2026. Départs à la retraite non remplacés, non-renouvellement de contrats à durée déterminée, réduction des dépenses de fonctionnement, rapprochements et mutualisations : le réseau se réorganise depuis plusieurs années pour préserver autant que possible la qualité de l’accompagnement.

Mais ces ajustements ont une limite. Aujourd’hui, 1 100 salariés accompagnent les jeunes du Grand Est. Combien seront-ils demain ? Combien de jeunes pourront encore être accompagnés ? Combien faudra-t-il en laisser sans solution faute de moyens ?

L’heure des choix

Derrière une ligne budgétaire, il y a des professionnels, des lieux d’accueil et, surtout, des dizaines de milliers de jeunes qui cherchent une formation, un emploi, un logement, une solution ou simplement un interlocuteur. Réduire encore les moyens des Missions Locales, c’est mécaniquement réduire leur capacité à agir.

Les 43 Missions Locales du Grand Est appellent donc solennellement les parlementaires, les élus régionaux et l’ensemble des décideurs publics à mesurer les conséquences des décisions budgétaires qui seront prises dans les prochaines semaines.

Nous sommes à l’heure des choix. Nous appelons les élus à faire celui de la jeunesse. Parce qu’investir dans les jeunes, ce n’est pas une dépense à perte, c’est un choix pour l’avenir.