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« Les jeunes ne doivent pas devenir la variable d’ajustement »

Emploi. Réunis en Assemblée générale le 7 octobre dernier à Strasbourg, les Présidentes et Présidents des Missions Locales du Grand Est avaient lancé un appel solennel aux décideurs publics : dans un contexte budgétaire contraint, les jeunes ne doivent pas devenir la variable d’ajustement des finances publiques.

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Crédits : Magnifik.com

Réunis en Assemblée générale le 7 octobre dernier à Strasbourg, les Présidentes et Présidents des Missions Locales du Grand Est avaient lancé un appel solennel aux décideurs publics : dans un contexte budgétaire contraint, les jeunes ne doivent pas devenir la variable d’ajustement des finances publiques. Quelques jours plus tard, les Missions Locales ont reçu un courrier laconique de la 1re Vice-Présidente de la Région notifiant sa décision de mettre fin à son financement pour l’année 2026.

À cet appel de faire le choix de la jeunesse de son territoire, la Région a répondu par son retrait.
Les Missions Locales sont le 1er réseau d’accompagnement global des jeunes vers leur autonomie sociétale et l’un des principaux acteurs du Réseau Pour l’Emploi. En Grand Est, elles accompagnent près de 80 000 jeunes chaque année et ce nombre est en constante augmentation.

Un choix tardif, radical et lourd de conséquences

Pour mémoire, la Région, deuxième financeur des Missions Locales en 2024 après l’Etat, avait décidé en 2025 de diminuer de 43% en moyenne sa contribution aux Missions Locales. Sa part dans le budget global moyen des Missions Locales était ainsi passée de 16% à 10%.

Dès lors, la décision de non-financement pour l’année 2026 est surprenante et ce d’autant plus qu’elle intervient en octobre, sans concertation en amont, alors que les structures ont mis en œuvre depuis le 1er janvier des dispositifs et actions définis par la Région.

Cela montre non seulement un manque de respect du travail réalisé par le réseau des Missions Locales mais surtout que le choix régional met en péril l’équilibre financier des 43 Missions Locales et leurs 1100 salariés.

« Ce choix régional met en péril l’équilibre financier des 43 Missions Locales et leurs 1 100 salariés. »

Ce choix s’ajoute, par ailleurs, aux 2 années consécutives de baisse de financements de l’Etat. Une troisième s’annonce avec une baisse de 5,5% prévue au Projet de Loi de finances pour 2027. Si celle-ci devait se confirmer, cela reviendrait à une baisse totale de 18% en trois ans de la part du financeur principal des Missions Locales.

Quelle structure peut tenir avec une baisse de 34% de ses produits dont 16,7% sur l’exercice en cours ?
L’hypothèse de la disparition de certaines Missions Locales n’en est désormais plus une. Si cela devait arriver, des pans entiers du territoire régional se trouveraient sans solution pour les jeunes.

Des conséquences déjà visibles

En 2025, les Missions Locales ont déjà connu une baisse des effectifs de 71 ETP et cette diminution s’annonce plus importante pour l’année en cours et l’année prochaine.

Derrière ces chiffres, ce sont moins de moyens techniques et humains pour accompagner les jeunes et moins de permanences de proximité donc moins de capacité à construire des réponses individualisées et moins de présence dans les territoires.

Derrière ces chiffres et le choix régional, c’est tout un écosystème d’accompagnement des jeunes les plus vulnérables qui se fissure progressivement.

Quant à 2027, la Région a indiqué que, sauf évolution favorable du PLF 2027, aucun crédit en faveur des Missions Locales ne serait inscrit dans le budget régional de l’année prochaine.
Aucune perspective, aucune solution pour maintenir un accompagnement des jeunes vers la formation et vers l’emploi n’est évoquée.

L’heure des choix

Dans le contexte de contraintes budgétaires que nous connaissons, les Présidentes et Présidents des Missions Locales du Grand Est avaient appelé les élus à faire un choix, celui des jeunes.
La Région a fait le sien. Les Missions Locales constatent et prennent acte avec consternation qu’elles n’ont plus la possibilité, tant humaine que financière, de continuer à participer aux différentes instances de concertation mises en place par la Région.

La responsabilité des Missions Locales est désormais de garantir la pérennité de l’accompagnement des jeunes en limitant, autant que possible, les conséquences de ce désengagement total sur leur offre de services.
Abandonner la jeunesse est une décision d’économie de court terme, investir dans son accompagnement est, au contraire, un choix d’avenir.

C’est pourquoi, nous souhaitons ardemment une reprise de dialogue, en concertation, afin de trouver des solutions conjointes.