Les incendies 2026 confirment le besoin d’adaptation des forêts françaises au changement climatique
Environnement. Alors que plusieurs territoires français sont durement touchés par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, France Bois Forêt tient à saluer l’engagement remarquable des services de secours
Alors que plusieurs territoires français sont durement touchés par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, France Bois Forêt tient à saluer l’engagement remarquable des services de secours, des forces de sécurité, des services de l’État, des élus locaux et de l’ensemble des acteurs mobilisés pour protéger les populations, les biens et les massifs forestiers. L’interprofession nationale tient également à adresser tout son soutien aux populations sinistrées, aux propriétaires forestiers, aux entreprises concernées ainsi qu’à l’ensemble des professionnels mobilisés sur le terrain.
Au-delà de l’urgence, ces incendies rappellent avec force que les effets du changement climatique imposent de penser la forêt dans le temps long, avec une reconstruction des massifs sinistrés qui dépasse désormais le seul enjeu forestier. Les incendies ne détruisent pas uniquement les forêts et la biodiversité qui en dépend. Ils fragilisent également une filière économique qui fait vivre des centaines de milliers de femmes et d’hommes partout en France. Derrière chaque massif touché se trouvent des propriétaires forestiers, des entreprises de travaux forestiers, des exploitants, des coopératives, des transporteurs, des scieries, des industriels de la transformation du bois, des pépiniéristes et de nombreux emplois directement dépendants de la vitalité de la forêt française.
« Une forêt différente » : préparons aujourd’hui la forêt de demain
En appelant lundi soir à « replanter et rebâtir une forêt différente », le Président de la République a ouvert un chantier essentiel sur l’avenir de la forêt française. Une « forêt différente » signifie une forêt adaptée aux conditions climatiques de demain tout en continuant à remplir pleinement ses fonctions environnementales, économiques et sociétales. L’adaptation des forêts au changement climatique, axe stratégique issu des Assises de la Forêt et du Bois, est une nécessité vitale pour les territoires, l’environnement, les paysages, l’emploi et l’économie du pays.
Concrètement, cela signifie qu’il faut renforcer les actions de défense des forêts contre les incendies, en aménageant et en développant des zones de pare-feu, plus grandes, en les entretenant pour limiter la propagation des incendies. En parallèle, nous devons renforcer les actions de prévention, de débroussaillement en forêt, y compris les obligations légales de débroussaillement (OLD) autour des habitations. La prévention est aussi une question d’aménagement du territoire en évitant à l’avenir de nouvelles constructions à l’intérieur ou à proximité directe des forêts.
Il est aussi important d’intensifier les actions de sensibilisation et de prévention. Il convient de simplifier encore la réglementation sur les OLD pour accélérer leur mise en œuvre. Il convient également de généraliser les plans de protection des forêts contre les incendies afin de garantir leur défendabilité. Rappelons enfin que 9 feux sur 10 sont d’origine humaine, d’où l’importance des campagnes de sensibilisation que mènent l’État et la filière.
Rebâtir une forêt différente suppose également de s’appuyer sur des connaissances scientifiques mais aussi d’adapter les choix sylvicoles aux réalités de chaque territoire et de tenir compte de la résilience des peuplements face aux sécheresses, aux ravageurs et aux maladies, tout en préservant les équilibres écologiques. Une ambition répondant pleinement aux orientations de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), qui identifie la restauration de la capacité des forêts françaises à capter durablement le carbone comme une condition indispensable à l’atteinte de la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Une ambition collective au service de la transition écologique et de la souveraineté nationale
La reconstitution d’un massif forestier est un processus de long terme. Elle débute bien avant les premières plantations, par la sécurisation des parcelles, l’évaluation des dégâts, les diagnostics sanitaires, l’analyse des sols, l’identification des modalités de reconstitution les plus adaptées ainsi que la valorisation des bois pouvant encore être mobilisés, en bois d’œuvre ou en bois d’industrie.
Cette démarche nécessite des moyens durables. C’est pourquoi il est indispensable de poursuivre les investissements engagés en faveur de l’aménagement des territoires, du renouvellement forestier, de la production de graines et de plants, de la recherche, de l’innovation, de la prévention des risques, ainsi que de la modernisation des entreprises de la filière et de la gestion durable des massifs.
Ces investissements conditionnent la capacité de la France à renforcer durablement le rôle de pompe à carbone de ses forêts, à atteindre les objectifs de neutralité carbone fixés par la Stratégie nationale bas-carbone à l’horizon 2050, à développer les usages du bois dans la construction et l’industrie, à préserver la biodiversité et à conforter une filière créatrice de richesse, d’emplois et de souveraineté économique sur l’ensemble du territoire.