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La crise sanitaire et l’instabilité géopolitique déstabilisent les secteurs alimentaires et énergétiques

Économie. Xavier Albertini, Député de la Marne, a rendu avec sa collègue Aurélie Trouvé, un rapport au nom de la commission des affaires économiques sur le suivi de l’inflation.

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Au terme de 23 auditions permettant d’entendre 38 acteurs incontournables, des énergéticiens à la grande distribution, des organisations de producteurs agricoles aux ministères, les rapporteurs ont pu poser un constat.

« L’inflation annuelle de 5,8% est principalement le fait du redémarrage de l’économie mondiale, à la suite de la pandémie, qui a mis en tension un certain nombre de secteurs de production, et aux conséquences de la guerre en Ukraine. D’autres facteurs ont également fait pression sur l’offre, notamment pour les matières premières agricoles : les catastrophes climatiques au niveau mondial et la grippe aviaire en France », constate-t-il.

Elle a des conséquences sur les ménages, en particulier les plus modestes, sur les entreprises et sur les finances publiques. Les mesures prises par le gouvernement comme les boucliers tarifaires ont permis d’amortir les effets inflationnistes.

« À moyen terme, l’Europe doit se donner les moyens d’une indépendance énergétique en renforçant son mix énergétique nucléaire/ énergies renouvelables »

Fort de ce constat, s’agissant de l’énergie, Xavier Albertini a proposé qu’à court terme le gouvernement maintienne ses aides au pouvoir d’achat des Français, en ciblant prioritairement les ménages modestes. « Sensibiliser les citoyens et les entreprises aux pratiques vertueuses réductrices de consommation est aussi indispensable pendant cette période de crise. À moyen terme, l’Europe doit se donner les moyens d’une indépendance énergétique en renforçant son mix énergétique nucléaire/ énergies renouvelables. »

S’agissant de l’inflation des prix alimentaires, outre les mesures de maintien à court terme de soutien aux filières animales et à l’agriculture biologique, et la mise en place d’un chèque alimentaire pour les foyers modestes, il est impératif de créer des outils d’identification en temps réel de la part dans la hausse des prix de chaque maillon de la chaîne agroalimentaire, de veiller à sanctuariser le coût de la matière première agricole. Prévoir l’intervention d’un tiers de confiance en amont des négociations tripartites est une solution efficace et consensuelle.

Enfin, il insiste « sur la nécessité d’instaurer des clauses miroirs dans les traités de libre échange, en particulier pour les filières d’élevage. La France doit aussi devenir indépendante dans la production des protéines végétales en développant la polyculture et les systèmes herbagers. C’est un vrai défi. »