Après 50 ans, l’âge devient un frein majeur au retour à l’emploi des cadres
Emploi. Dans une nouvelle étude, l’Apec et France Travail dressent le portrait des demandeurs d’emploi cadres seniors inscrits à France Travail, mettant en lumière leurs parcours, leurs difficultés et leurs leviers de rebond.
Paris, le 5 février 2026
Dans une nouvelle étude, l’Apec et France Travail dressent le portrait des demandeurs d’emploi cadres seniors inscrits à France Travail, mettant en lumière leurs parcours, leurs difficultés et leurs leviers de rebond. Une invitation aux acteurs de l’emploi à repenser leurs pratiques, pour favoriser un retour durable à l’emploi.
Fin juin 2025, 210 000 cadres de 50 ans et plus étaient inscrits à France Travail, dont 173 600 en catégories A, B ou C. Si le chômage cadre reste globalement limité (4,2 % pour l’ensemble des cadres), il augmente après 50 ans (4,6 %). Chez les non-cadres, la tendance est inverse (7,0 % après 50 ans, contre 9,2 % pour l’ensemble).
Des durées de chômage plus longues, surtout après 60 ans
26 % des cadres seniors connaissent un chômage de longue durée*, contre 17 % des cadres en moyenne, avec un pic de 40 % chez les 60 ans et plus, dont 24 % sont en très longue durée*. Les hommes sont davantage touchés que les femmes (28 % contre 24 %).
Concernant les revenus, 60 % perçoivent une indemnisation inférieure à 2000 € pour un tiers d’entre eux. Et certains font face à des difficultés financières marquées, puisque 6 % bénéficient du RSA.
L’âge : un frein persistant malgré des compétences reconnues
Neuf cadres seniors sur dix estiment que leur âge les désavantage dans leur recherche. Pourtant, ils restent motivés et engagés, souhaitant contribuer à la transmission des compétences et à l’innovation. Ils sont par ailleurs aussi nombreux que les cadres plus jeunes à souhaiter se former, notamment aux nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle. En 2024, 24 150 cadres seniors demandeurs d’emploi ont entamé une formation, soit 21 % de l’ensemble des cadres ayant débuté une formation.
Renforcer l’accompagnement et changer le regard des recruteurs
Ces spécificités appellent un accompagnement ciblé, valorisant l’expérience et l’adaptabilité des cadres seniors, et un travail de sensibilisation des recruteurs pour transformer l’expérience en levier de performance et non en frein. Face à ces enjeux, l’Apec et France Travail réaffirment leur engagement commun : soutenir les talents expérimentés et sensibiliser les entreprises pour faire de l’expérience non plus un risque perçu, mais un levier de performance et de transmission.
« Si le marché de l’emploi cadre reste globalement dynamique, les seniors continuent à être plus exposés au chômage que leurs collègues plus jeunes, sur la longue et la très longue durée. Il est crucial de changer les regards. Ces travaux de l’Apec et de France Travail soulignent l’importance d’un accompagnement spécifique et, surtout, de la valorisation de l’expérience et des compétences des cadres seniors pour faciliter un retour durable à l’emploi. À l’heure où l’Insee publie un solde démographique négatif pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la mobilisation de toutes les compétences, et en particulier celles des seniors, est un enjeu majeur pour notre économie et notre modèle social. » Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec
« À 50 ans et plus, trop de cadres se heurtent encore à des obstacles injustifiés dans leur recherche d’emploi, alors même que leur expérience constitue un atout majeur pour les entreprises. Avec l’Apec, nous avons voulu objectiver cette réalité grâce à des données précises, pour mieux comprendre leurs parcours, leurs difficultés et leurs leviers de rebond. Ce portrait doit servir de point d’appui pour faire évoluer les regards, adapter les pratiques et renforcer l’accompagnement. Et c’est pourquoi, dans le cadre de la mobilisation pour les 50 ans et plus, nous avons créé une offre de services spécifique. Car plus les suivis sont personnalisés et adaptés aux profils de chacun, plus les chances de retour à l’emploi sont renforcées. C’est une responsabilité collective : celle de permettre aux cadres seniors d’accéder durablement à l’emploi et de répondre, en parallèle, aux enjeux actuels de recrutement. » Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail.
* longue durée : au moins 12 mois de chômage sur les 15 derniers mois ; très longue durée : plus de deux ans en catégorie A sur 27 mois