Apprentissage : à force de coups de rabot, la France est en train de casser ce qui fonctionne
Formation. Le MEDEF Grand Est appelle le Gouvernement à un sursaut avant le Budget 2027.
Il y a encore peu, la France était citée en exemple. Plus d’un million d’apprentis. Des centaines de milliers de jeunes insérés dans l’emploi. Des entreprises qui investissent dans les compétences. Des territoires qui développent leurs savoir-faire. L’apprentissage constituait l’une des rares politiques publiques dont chacun reconnaissait le succès. Aujourd’hui, cette réussite est méthodiquement fragilisée.
Réduction des aides à l’embauche, baisse des niveaux de prise en charge des formations, multiplication des restes à charge pour les entreprises, diminution des soutiens aux apprentis, effondrement des dotations de l’État aux Régions pour accompagner les CFA : décision après décision, c’est tout un écosystème qui est déstabilisé.
La dernière annonce est particulièrement alarmante. En réduisant de 88 % les crédits destinés aux Régions pour soutenir le fonctionnement et l’investissement des CFA, l’État envoie un message désastreux à toute la filière de l’apprentissage.
Les conséquences sont déjà visibles. Des CFA fragilisés financièrement. Des investissements reportés ou abandonnés. Des tensions de trésorerie. Des restructurations. Des suppressions d’emplois. Des fermetures annoncées. Pendant ce temps, les entreprises continuent de faire face à des difficultés de recrutement massives. Quel paradoxe !
Alors que la France manque de techniciens, d’ouvriers qualifiés, d’ingénieurs, de professionnels de santé, de spécialistes du numérique, de l’industrie ou de la transition énergétique, nous sommes en train d’affaiblir le principal outil de formation des compétences dont notre économie a besoin.
Le MEDEF Grand Est refuse cette logique de court terme. Car derrière les économies budgétaires d’aujourd’hui se préparent les pénuries de compétences de demain. Derrière chaque CFA fragilisé, ce sont des jeunes qui risquent de perdre une chance d’accéder à l’emploi. Derrière chaque contrat d’apprentissage qui ne sera pas signé, c’est un talent de moins pour nos entreprises. Derrière chaque décision prise sans vision stratégique, c’est un peu plus de souveraineté économique que la France abandonne.
L’apprentissage n’est pas une dépense à réduire. C’est un investissement à protéger. Les entreprises le savent. Elles financent déjà massivement l’apprentissage, mobilisent leurs équipes, leurs tuteurs et leurs moyens pour transmettre les compétences dont notre pays a besoin. Elles demandent aujourd’hui une seule chose : de la cohérence.
Le MEDEF Grand Est appelle solennellement le Gouvernement à faire du Budget 2027 un budget des compétences et non un budget de renoncement.
Nous demandons :
• Un moratoire sur les nouvelles mesures d’affaiblissement de l’apprentissage ;
• La restauration de moyens permettant aux Régions de soutenir efficacement les CFA ;
• Une réévaluation des niveaux de prise en charge afin de garantir la pérennité des formations stratégiques ;
• Une visibilité pluriannuelle pour les entreprises et les organismes de formation ;
• Une véritable concertation avec les partenaires sociaux et les acteurs économiques avant toute nouvelle réforme.
La France a mis près de dix ans à construire le succès de l’apprentissage. Nous ne pouvons pas accepter qu’il soit démantelé en quelques exercices budgétaires. L’heure n’est plus aux économies de bout de chandelle. L’heure est à l’investissement dans notre jeunesse, dans nos entreprises et dans notre avenir. Le Gouvernement doit choisir. Préparer les compétences de demain ou organiser leur pénurie. Le MEDEF Grand Est a fait son choix. Nous appelons l’État à faire le bon.