« L’orthographe n’est pas une religion ».
Cette phrase lancée par Cécile Duflot n’a rien d’anecdotique, alors que le ministre de l’Éducation Nationale, Edouard Geffray, venait tout juste de publier une circulaire annonçant le durcissement des règles en matière de correction des fautes d’orthographe dans les examens.
Pour l’ancienne ministre, l’orthographe serait même un « outil de distinction sociale ». Autrement dit, selon elle, les riches sauraient écrire selon des règles séculaires, quand les pauvres en seraient incapables. Des propos tristement méprisants tant pour les classes populaires que pour le personnel enseignant de l’Éducation Nationale.
Si l’on peut s’interroger quant au choix de comparer l’orthographe à une religion dans une République laïque, dont l’école ne l’est pas moins, on devrait néanmoins se féliciter de la sanctuarisation de règles d’écriture héritées d’esprits lumineux et érudits que certains de nos contemporains voudraient faire tomber dans les oubliettes. Par ignorance ou par jalousie ?
Par ailleurs, cette doctrine mortifère consistant à systématiquement vouloir niveler par le bas plutôt que valoriser l’effort, la rigueur et la connaissance, nous rappelle à quel point la culture et la cohésion d’un pays sont fragiles. Connaître l’orthographe, la grammaire et la syntaxe, c’est savoir maîtriser la langue, comprendre le sens des mots et leur portée, structurer sa pensée. C’est, au-delà du parcours scolaire et du diplôme, un formidable pouvoir, celui de l’esprit.
N’en déplaise à Mme Duflot, on ne parle ici ni de religion ni de classe sociale mais de travail, de lecture et de réflexion. Avec le droit à l’erreur, certes, mais surtout avec le devoir d’apprendre.