S’il est forcément une bonne nouvelle, le (nouveau) sauvetage de l’entreprise Duralex le 14 octobre dernier illustre trop bien les difficultés pour les groupes hexagonaux à vivre de leur savoir-faire, voire même tout simplement à survivre dans une industrie mondiale ultra-concurrentielle. Car plus qu’une entreprise, Duralex est le symbole d’une marque qui, tout en ayant traversé les époques et marqué des générations entières, peine à trouver son équilibre économique au cours des 20 dernières années.
Née dans le Loiret en 1934, la marque est, pendant des décennies, un fleuron de l’industrie verrière tricolore, égayant les déjeuners à la cantine des écoliers français, qui s’amusaient à chercher et à comparer leur âge au fond du verre.
Mais à partir des années 90, les difficultés apparaissent et Duralex passe sous pavillon italien avant de connaître pas moins de cinq redressements judiciaires en 20 ans. Malgré une véritable reconnaissance à l’international, la marque s’effondre et la belle histoire engagée avec son rachat sous forme de société coopérative par ses salariés en 2024 ne suffira pas à la sauver : elle se terminera en échec, sur fond de conflits internes et d’absence de relance commerciale effective.
Reprise par Cédric Meston (connu pour avoir repris Tupperware en 2025) au tribunal de commerce d’Orléans le 14 octobre, la mythique entreprise pourra-t-elle vaincre sa propre malédiction ? C’est tout le mal que l’on souhaite à sa nouvelle équipe et aux 155 salariés (sur 220) conservés pour relancer l’aventure. Ils devront, ensemble, convaincre les consommateurs de miser sur la valeur de cette marque emblématique grâce à laquelle on a chaque jour un âge différent.