Humeur

Un budget à hauts risques

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Benjamin Busson
Benjamin Busson.

Les gouvernements précédents disposant d’une majorité à l’Assemblée nationale n’ont sans doute jamais mesuré dans quel confort ils pouvaient se trouver à l’heure de mettre la touche finale au budget du pays. Une situation dans laquelle Sébastien Lecornu n’aura encore pas le loisir de se trouver en cette rentrée 2026.

Pour le Premier ministre, c’est un véritable parcours du combattant qui débute face à une multitude d’oppositions et d’intérêts divergents. Confronté à un pays dont les qualificatifs pour décrire la situation politique, sociale et financière rivalisent de catastrophisme, le chef du Gouvernement doit jongler entre discours de vérité, nécessité d’enclencher (enfin ?) un effort budgétaire, obligation de respecter un semblant d’équilibre et nécessité de sauver le soldat Gouvernement au moins pour quelques mois.

Car il le sait déjà, rien ne lui sera épargné. Il a, face à lui, des opposants systématiques qui rejetteront chaque proposition, des calculateurs qui vont négocier chaque mesure et des « amis » qui se garderont de manifester trop ostensiblement leur soutien par crainte de voir rejaillir sur eux l’impopularité croissante qui pèse sur l’exécutif à 7 mois des présidentielles.

Pourtant l’enjeu est de taille puisque, outre le vote du budget, il s’agit de ne pas bloquer le pays par une nouvelle censure. Avec, ne l’oublions pas, l’épée de Damoclès des marchés qui scrutent avec la plus grande attention l’évolution de la dette française et faisant jouer le curseur des taux d’intérêts sur celle-ci (les taux à 10 ans sont montés à 4,72 % mi-septembre contre 3,70 % début juillet...). De quoi promettre quelques nuits blanches du côté de Matignon et des maux de tête chez les Français les plus responsables.