Les données de quelque 678 000 particuliers et professionnels ont donc été consultées et extraites par des pirates informatiques dans les systèmes d’information de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP). Alors que de forts soupçons d’ingérence étrangère via les réseaux numériques de toutes sortes pèsent déjà sur la future campagne présidentielle, ces attaques ne font que renforcer les inquiétudes quant à la capacité de notre pays à se protéger face aux assauts répétés.
Pour les citoyens français, la contradiction est pourtant frappante entre l’injonction qui leur est faite de passer au tout numérique, sous couvert de sécurité et d’efficacité, et les menaces cyber qui se multiplient et se concrétisent de manière flagrante.
Quant aux entreprises, qui se voient tirer les oreilles au moindre envoi de mail groupé non conforme, tout en observant leurs données sensibles s’échapper hors de nos frontières à la faveur des congés estivaux, leur constat n’est ni plus reluisant ni plus rassurant. Il y a plus de 1500 ans, dans son traité militaire, l’écrivain romain Végèce écrivait : « Igitur qui desiderat pacem, praeparet bellum » (ce qui signifie : Donc, celui qui désire la paix prépare la guerre). L’Histoire a démontré, notamment en 1938, que cet adage s’imposait malheureusement face à la nature humaine belliqueuse.
Si le ministère des Armées en a de nouveau fait un credo plus marqué en matière militaire, comme évoqué par Catherine Vautrin en page 4 de ce journal, il est temps que les autres ministères passent à la vitesse supérieure pour rendre leur bouclier numérique infranchissable. Question de sécurité intérieure bien évidemment mais aussi de renforcement du pacte de confiance entre les citoyens et leurs administrations.