Travailler moins pour plus de temps libre, travailler plus pour gagner plus ou tout simplement travailler pour gagner bien sa vie ? Alors que le pays semblait avoir digéré en apparence les 35 heures plus de 25 ans après leur mise en œuvre, détrompez-vous, il n’en est rien.
Il faut avoir vécu l’avant de cette réforme pour en comprendre les effets réels un quart de siècle plus tard. Alors que la promesse était de permettre aux Français de vivre quatre heures hebdomadaires de plus hors de leur lieu de travail, pour profiter de leur temps libre, elle a eu pour conséquence d’opposer avec force, liberté et travail. Les Français se sont alors mis à calculer, à décompter les heures et les minutes, avec des découpages frisant le ridicule dans certaines entreprises où l’on doit arriver à 7 h 48 ou quitter à 17 h 12. Des calculs mortifères sur fond de mirage de liberté. Car la promesse ne vaut que si le pouvoir d’achat est au rendez-vous. Sinon, sans moyens, quels loisirs s’offrir pendant son temps libre ?
Si le Covid a redonné des ailes aux travailleurs épris de liberté, la réalité de 2026 sur fond de crises multiples et d’inflation persistante a repris ses droits. Ainsi, une étude de la fondation Travailler autrement révèle que l’aspiration au temps libre (même avec la perspective de gagner moins d’argent) était plébiscitée par 61 % des salariés en 2022, elle ne l’est plus que par 39 % d’entre eux aujourd’hui. Il s’agit d’un net revirement puisque c’est un retour au niveau de 2008.
C’est surtout le signe logique que ce pouvoir d’achat en berne va rythmer la campagne présidentielle, n’en déplaise aux nombreux candidats déclarés qui n’ont toujours pas formulé l’embryon d’une solution pour un sujet crucial pour l’équilibre social et économique de tout un pays.