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129e année

Présentravail

La vie est cruelle. À l’heure où arrivent enfin les beaux jours après un printemps à la météo bien pourrie, pour certains employés l’heure est à la fin du télétravail. Finies les journées en visioconférences avec parfois - ô bonheur suprême - la possibilité de couper la caméra pour ne pas laisser entrevoir à ses collègues la décoration du bureau improvisé, un t-shirt mal repassé ou une coupe de cheveux bien trop matinale.
Pour certains, le retour s’est fait en douceur, à doses homéopathiques. Parce que oui, parfois, après quasiment un an sans fréquenter le bureau (et les collègues) le retour en open-space peut s’avérer douloureux. Il faudra sans doute en passer par là : écouter en concentré toutes les anecdotes manquées pendant tout ce temps : la petite dernière du voisin de bureau a perdu sa première dent (déjà !?) et la stagiaire a quitté l’entreprise, tandis que le chef est parti... Il avait besoin de trouver un travail “qui a un sens” et surtout l’envie de poser ses valises dans une maison “avec un petit bout de verdure”, loin du tumulte de la ville. Bizarre, lui qui ne jurait que par Paris depuis qu’il était monté à la Capitale pour y faire ses études il y a 20 ans...
Alors, oui, quelques télétravailleurs auront réussi à négocier un ou deux jours par semaine, parce que, quand même, “c’est bien pratique”. Les autres, eux, continueront à venir tous les jours. Parce qu’ils n’ont pas le choix tout simplement, ou alors parce qu’ils aiment ça aussi, discuter avec la comptable et tenir la porte au nouveau du troisième. Parce que la vie en entreprise, c’est aussi ça...

Benjamin Busson