Si cela bouscule toujours les sociétés, il y a néanmoins un côté normal voire rassurant que la jeunesse ait une conscience politique. Les révoltes permettent aux générations précédentes de prendre en compte ses angoisses - inhérentes à toute jeunesse - de connaître ses attentes et mieux encore, d’y répondre.
Une fois qu’on a posé ces principes généraux, il convient d’analyser les revendications qui poussent les adolescents ou les étudiants dans la rue. Qu’il s’agisse d’un mal-être générationnel, de la peur du chômage, de militer pour la paix ou d’exprimer une contestation face à un pouvoir répressif, le courage de la révolte est louable et les grands mouvements du siècle passé ont permis de faire bouger les lignes, que ce soit chez nous en Mai 68, aux Etats-Unis pour lutter contre la guerre du Vietnam, ou sur la place Tian’anmen de Pékin en 1989.
Alors forcément, quand on se penche d’un peu plus près sur les manifestations lycéennes du moment, il y a de quoi être sacrément désabusé. Derrière une façade entendable - mais déjà bien fragile pour justifier un tel déferlement - de revendications destinées à avoir plus de profs et des locaux plus décents, on croit rêver : de l’emploi du temps trop chargé au menu de la cantine à améliorer, rien ne justifie réellement un tel soulèvement si ce n’est une manipulation politique grossière à six mois des élections présidentielles.
Une manoeuvre qui pourrait d’ailleurs commencer à se retourner contre ces pompiers pyromanes qui encouragent des agissements inacceptables, tant les dégradations et les violences décrédibilisent totalement toute forme de revendication. Car quel crédit peut-on donner à quelqu’un qui brûle des établissements scolaires, payés par les impôts de ses parents, à l’heure où ceux-ci peinent déjà à boucler leurs fins de mois ?