Entre les concerts, les conférences, les expositions agricoles et les démonstrations en tous genres, pendant dix jours, la Foire a retenti des passages plus ou moins remarqués des politiques dans ses travées bondées. Signe de l’importance toujours croissante que prend l’événement dans le paysage hexagonal, la plupart des médias nationaux annonçaient chaque jour le ou les politiques attendus dans la Marne pour y effectuer leur rentrée officielle. Une reconnaissance méritée pour la « première foire agricole de Province », selon son commissaire général, qui talonne le Salon International de l’Agriculture de Paris.
Au-delà d’être un thermomètre de la popularité des uns, de la fragilité médiatique ou de la discrétion des autres, la Foire est également un excellent baromètre des idées qui risquent de faire vibrer la campagne présidentielle qui a débuté. Il est ainsi amusant de constater qu’en terrain provincial, agricole et entrepreneurial, tout le monde s’accorde à vouloir débloquer les rouages et simplifier la vie des entreprises. Soit.
La question reste désormais : comment faire ? Et c’est bien là que les avis divergent.
Sur les plateaux parisiens les idées consistant à taxer les riches pour financer le reste, à légiférer à tour de bras ou à confisquer les héritages sont légion. Étrangement, en région, les partisans de ces choix mortifères se font plus discrets. Parce que là où vivent et agissent vraiment les Français, on prône schématiquement la simplification, le remplacement des aides par une suppression des contraintes administratives et la confiance envers les acteurs locaux, qu’ils soient politiques ou socio-économiques. Alors, après avoir été un temps ringardisé, quand le fameux bon sens paysan reviendra-t-il enfin sur le devant de la scène présidentielle ?