Humeur

Ni pétrole, ni idées

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Benjamin Busson
Benjamin Busson.

L’absence de pétrole sous leurs pieds, les Français ne l’apprennent pas aujourd’hui. Cet état de fait a conduit, dans les années 70, notre pays à développer un puissant programme nucléaire destiné à assurer notre indépendance énergétique. Une idée aussi ambitieuse que lumineuse et courageuse qui a permis à la France de bénéficier d’une énergie ultra-compétitive et propre quoi qu’on en dise pendant des décennies.

Mais tel l’enfant gâté qui finit toujours par casser son jouet, le Français a décidé, voici quelques années, à la faveur d’un extraordinaire lobbying vert, de mettre en retrait son propre parc nucléaire, se payant même le luxe de fermer Fessenheim. Un processus catastrophique illustré à merveille par la veste polaire de la Première ministre de l’époque, symbole à la fois triste et risible de l’impuissance de notre pays à se prémunir d’aléas extérieurs.

Aujourd’hui, la France assiste impuissante à l’augmentation - d’une extraordinaire régularité d’ailleurs - des tarifs de ses carburants, incapable d’endiguer une situation qui semble lui échapper complètement.

A l’échelle internationale, celle qui fut longtemps la cinquième puissance mondiale, est désormais reléguée à la 7e place. Un recul sans bruit, que les dirigeants acceptent sans aucune rébellion, avec une résignation qui en dit long sur notre capacité à défendre ne serait-ce qu’économiquement parlant, notre pays et nos entreprises.

Pas de pétrole donc, pas d’idée autre qu’un chèque désuet pour un semblant de compensation, pas de vision ni de perspectives même à court terme, cela commence à faire beaucoup d’absences au pays des Lumières, où décidément, celles-ci brillent de moins en moins fort. Et ça se voit.