Mais à quoi joue donc le MEDEF ? Alors qu’au niveau local, le président du MEDEF Grand Est, Christian Brethon, annonçait lors des vœux organisés le 27 janvier dernier que la jeunesse constituait une priorité pour le mouvement patronal, quelques jours plus tard, Patrick Martin avançait des annonces aussi étonnantes que détonantes. Que ce soit la proposition d’un contrat à droits progressifs pouvant être rompu sans motif au cours des trois premières années ou l’éventualité de rémunérer certains jeunes sous le niveau du SMIC, même avec un esprit libéral, il est difficile de rester insensible à de telles propositions. Certes, elles apparaissent dans une période de chômage élevé chez les jeunes actifs (19 %) avec près de 400 000 jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation et avec un jeune sur quatre qui sort de l’université sans diplôme. Mais ce bilan peu reluisant de l’activité de la jeunesse dans notre pays doit-il déboucher sur des solutions encore plus pénalisantes pour les jeunes concernés ? Outre un maintien des jeunes dans les filières de formation (techniques ou non) jusqu’à leur entrée dans le monde de l’emploi, il s’agit aujourd’hui avant tout de tisser un lien nouveau entre les entreprises et ces derniers. Lancer un néo-entrant sur le marché de l’emploi en lui octroyant un statut et un salaire différents et plus précaires que ceux des salariés en poste risquerait de produire un effet de dévalorisation et de démotivation pour un public auprès de qui le monde du travail doit, au contraire, lancer une vaste opération de séduction. Assurément, les patrons français doivent pouvoir trouver de meilleures idées en faveur de celles et ceux qui s’apprêteront à être leurs partenaires pour une durée de plus de 40 ans...