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130e année

La rançon du succès

Benjamin Busson

Dans un monde parfait, une entreprise dont les résultats 2021 sont largement supérieurs aux attentes du marché (avec un taux de marge opérationnelle inédit de près de 40%), devrait être largement saluée en Bourse. Dans ce monde idéal, cette même entreprise qui a recruté plus de 1 000 personnes par an depuis 2018 (et qui ouvre des sites de production en France) devrait voir ses performances appréciées par les investisseurs. Et quand le résultat net part du groupe de l’exercice de ladite entreprise atteint 2,445 milliards, en hausse de 77 % par rapport à 2020, et que sa direction propose un dividende de 8 euros (contre 4,55 euros l’année précédente), là aussi, on pourrait imaginer la satisfaction légitime des marchés.

Satisfaction qui devrait se traduire a minima par la hausse de son titre en Bourse. Loin d’être fictive, cette entreprise se nomme Hermès, numéro 3 français du luxe. Et à l’annonce de ses résultats rappelés ci-dessus (et bien supérieurs à toutes les prévisions) mi-février, elle a vu son titre reculer de 4,94% dès leur publication. En cause ? La production de la marque qui ne parvient pas à suivre la forte demande des consommateurs dans le monde entier. Preuve que dans ce “monde d’après”, la Bourse est donc au moins aussi cruelle que dans le précédent...

Benjamin Busson