Humeur

La Champagne à l’offensive

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Benjamin Busson
Benjamin Busson.

Avec plus de 400 exposants annoncés sur le salon Wine Paris, la filière champenoise a frappé fort. Une réaction que l’on imagine aisément à la baisse des expéditions (266 millions de bouteilles en 2025, contre 271 millions en 2024 et 299 millions en 2023). Une baisse qui touche particulièrement le marché français qui n’a cessé de s’éroder depuis 2010, pour atteindre un point de bascule en 2017 quand la courbe des expéditions en France a croisé celle de l’export. Si la tendance ne s’est jamais inversée, en 2018, le marché global représentait encore plus de 300 millions de cols expédiés et la valeur des bouteilles expédiées compensait la baisse des volumes qui s’amorçait. Et après les euphories post-covid de 2021 et 2022 la réalité rattrape la Champagne et les champenois : la baisse des volumes semble durable et devient inquiétante sur le marché français : en 2025, la France ne représente plus que 114 millions de cols (contre 153 millions en 2018). Certes, la Champagne n’a pas réalisé l’erreur du Cognac où le marché domestique ne représente plus que 2 % du marché global, mais l’expérience vécue actuellement du côté de la Charente semble servir d’aiguillon aux acteurs champenois, dont plusieurs grands groupes possèdent des maisons dans les deux régions. Et en coulisses, on admet à demi-mots que la filière a peut-être parfois péché par orgueil. Sans refaire l’histoire, il faut reconnaître à la Champagne et à ses acteurs leur capacité à se remettre en question et en selle quand la nécessité s’en fait ressentir. C’est tout l’enjeu de la promotion de la désirabilité du produit dans l’Hexagone, souhaité par le Comité Champagne, pour éviter de subir le même scénario que celui vécu par d’autres vignobles actuellement.